lundi, août 24
Le président américain Donald Trump à Joint Base Andrews, dans le Maryland le 21 août 2026 (SAUL LOEB)

Le gouvernement américain a affirmé lundi sa volonté de « couper toutes les ressources économiques » de l’Iran et adressé un avertissement ferme aux pays qui continueraient à soutenir Téhéran, qui y voit un « aveu de défaite » des Etats-Unis.

Lors d’une conférence de presse à Washington, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a présenté un nouveau train de sanctions, touchant l’or, la technologie, les actifs numérique, l’aviation et le transport maritime.

« L’Iran fait face à un choix très clair, avec seulement deux chemins possibles: totale isolation et une économie de subsistance, ou un retour vers la normalité avec l’opportunité de rejoindre l’économie mondiale », a prévenu M. Bessent.

Mais l’avertissement est également adressé au reste du monde puisque les pays qui ne participeront pas aux sanctions américaines « partageront l’isolement de l’Iran », a menacé le secrétaire au Trésor, envisageant notamment d’expulser « du système dollar » les pays récalcitrants.

« Nous tiendrons chacun pour responsable. Ceci marque l’asphyxie économique de ce régime. Personne ne devrait tester notre volonté » en la matière, a ajouté Scott Bessent, visant notamment indirectement la Chine, partenaire stratégique de Téhéran.

« L’IRAN S’EFFONDRE COMPLETEMENT!!! », a écrit de son côté Donald Trump sur son réseau Truth Social, alors que les efforts diplomatiques pour régler le conflit régional, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, sont dans l’impasse.

Face à une guerre de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis et à l’approche des élections américaines de mi-mandat, l’administration Trump privilégie désormais la « guerre économique » aux frappes sur l’Iran.

« S’agit-il d’une victoire ou d’un aveu de défaite de la part des Etats-Unis? », a feint de s’interroger le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, demandant pourquoi, dans ce cas, il serait nécessaire de procéder « à +la plus grande invasion financière de l’histoire+ et de mobiliser +toutes les institutions et tous les pouvoirs+ des Etats-Unis. »

Avant même la conférence de presse de Scott Bessent, Pékin avait estimé que les « sanctions et la pression » américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit.

– « Nombreuses difficultés économiques » –

Les Emirats arabes unis avaient eux annoncé dès la semaine dernière suspendre jusqu’à nouvel ordre « tous les échanges commerciaux et les transactions financières » avec le pays.

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, également président du Parlement iranien, a reçu lundi à Téhéran le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, dont le pays joue les médiateurs dans le conflit.

Lors de cette rencontre, le dirigeant iranien a déclaré que le pays œuvrait à « la mise en œuvre des termes du protocole d’accord » conclu mi-juin par Téhéran et Washington pour trouver une issue au conflit, et a estimé que les Etats-Unis, « en ne respectant pas ces engagements, ont empêché l’instauration de la stabilité dans la région ».

Au cœur du conflit, le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entrainé une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

L’Iran a exclu tout retour à la situation d’avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d’un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, est attendu mardi à Téhéran.  

En dépit de la fermeté affichée par Téhéran, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a reconnu que le pays faisait face à « de nombreuses difficultés économiques », après des décennies de sanctions américaines et internationales. 

« L’Iran devrait faire des compromis dès maintenant », estime Sarah Hassanbeigi, une pharmacienne interrogée par l’AFP à Téhéran. « La situation est vraiment très difficile. Je ne pense pas que les gens puissent supporter cela beaucoup plus longtemps. »

Le 22 juillet, l’inflation atteignait 66% sur douze mois dans le pays, contre 46% en février, et la monnaie nationale poursuit sa dégringolade: un dollar s’échangeait la semaine dernière contre 1,88 million de rials, contre 1,65 million juste avant le conflit. 

Et selon la société de suivi maritime Kpler, le blocus américain imposé aux ports iraniens a entraîné une chute des exportations pétrolières de l’Iran, passées de deux millions de barils par jour avant la guerre à seulement 0,4 million à la mi-août, leur plus bas depuis le début du conflit.

bur-els/tmc/cyb

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