- Plusieurs études scientifiques ont tenté d’établir si les parents ont, ou non, un enfant préféré.
- C’est le cas dans la majeure partie des cas, et un profil d’enfant préféré ressort des statistiques.
- Les enfants qui ne sont pas favorisés, eux, souffrent de ce traitement différentiel pendant toute leur vie.
Ils s’en défendent, pourtant la science le dit : les parents ont bien un enfant préféré (nouvelle fenêtre). Depuis le début des années 2000, des recherches scientifiques concluent que deux tiers des parents ont un enfant préféré, et que ce favoritisme aurait des répercussions durables sur la santé mentale des enfants (nouvelle fenêtre)défavorisés, et ce bien après l’enfance.
Pour évaluer si les parents ont un enfant préféré, un sujet plutôt difficile à aborder, la sociologue J. Jill Suitor de l’université Purdue (dans l’Indiana) a mis au point une méthodologie indirecte, qu’elle a expliquée au New York Times
(nouvelle fenêtre). En 2001, elle a recruté plus de 500 mères ayant au moins deux enfants adultes, en leur posant des questions sur leurs dépenses, sur la proximité émotionnelle et les déceptions qu’elles ont pu ressentir envers chacun de leurs enfants. Cette étude (nouvelle fenêtre), qui s’est poursuivie assez longtemps pour que la sociologue observe aussi les petits-enfants (nouvelle fenêtre)des mères questionnées, a permis d’identifier des tendances significatives.
Ses résultats rejoignent ceux d’autres travaux, comme une étude de l’université de Californie datant de 2005, durant laquelle les chercheurs ont observé 284 personnes au total, parmi lesquelles plusieurs familles. Elle révélait qu’environ 65% des mères et 70% des pères reconnaissaient avoir un favori (nouvelle fenêtre), souvent malgré eux. Du côté des enfants devenus adultes, 86% estiment que leur mère avait une préférence marquée.
Les enfants qui sont défavorisés en paient les conséquences en grandissant
Si cette préférence est taboue du côté des parents, elle est parfois bien ressentie chez les enfants, qui en souffrent aussi pendant l’âge adulte. Selon une étude (nouvelle fenêtre) publiée en 2014, les enfants qui se perçoivent comme défavorisés présentent des taux plus élevés d’anxiété (nouvelle fenêtre), de dépression et de difficultés relationnelles. À l’adolescence, ils sont également plus enclins à adopter des comportements à risque (nouvelle fenêtre). Une autre étude avance même que le sentiment d’avoir été défavorisé par rapport à ses frères et sœurs pourrait être un des indicateurs les plus significatifs de la santé mentale d’un individu (plus que son statut marital, son emploi ou son âge).
Le sentiment d’avoir été traité différemment d’un frère ou d’une sœur est un mal qui reste ancré pendant plusieurs années, continuent les chercheurs. Dans le New York Times
, Laurie Kramer, spécialiste des relations fraternelles à l’université Northeastern, explique avoir observé des adultes marqués par des événements survenus pendant leur petite enfance.
Qui sont les enfants « préférés » ?
Si les situations peuvent toujours différer d’une famille à l’autre, les chercheurs ont tenté de dresser un « portrait-robot » de l’enfant préféré (nouvelle fenêtre). Une vaste analyse (nouvelle fenêtre)publiée en 2025 montre que les filles et les benjamins sont statistiquement plus souvent favorisés. Un de ses auteurs, Alexander Jensen, chercheur à l’université Brigham Young, explique au New York Times
que durant l’enfance, les traits de personnalité jouent un rôle déterminant : les enfants agréables (nouvelle fenêtre) et conciliants, plus faciles à gérer au quotidien, bénéficieraient d’un traitement préférentiel.
À l’âge adulte, le facteur le plus important devient le partage des valeurs parentales, comme les valeurs religieuses ou politiques. Dans le journal américain, la sociologue J. Jill Suitor explique que les mères favorisent davantage les enfants qui leur ressemblent idéologiquement et qui s’impliquent dans la vie familiale. En revanche, les accomplissements professionnels ou les difficultés personnelles (l’addiction, les démêlés avec la justice…) pèsent peu dans la balance.








