Les dirigeants russe, chinois, iranien et indien sont attendus lundi 31 août et mardi 1er septembre en Asie centrale pour le sommet d’un bloc régional cherchant à faire contrepoids à l’influence occidentale.
Une dizaine de chefs d’État et de gouvernement, dont certains entretiennent des relations tendues avec l’Occident, ont confirmé leur venue à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, pour ce sommet marquant le 25e anniversaire de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Parmi eux, Vladimir Poutine et Xi Jinping, mais aussi le président iranien Massoud Pezeshkian et les Premiers ministres indien Narendra Modi et pakistanais Shehbaz Sharif ont confirmé leur participation à la session plénière sous l’égide du président kirghiz Sadyr Japarov.
Une rencontre bilatérale est notamment prévue entre Vladimir Poutine et Massoud Pezeshkian, dans un contexte de coopération russo-iranienne croissante.
Le dirigeant russe s’entretiendra aussi séparément avec les dirigeants chinois, indien et turc, a indiqué à des journalistes Iouri Ouchakov, le conseiller diplomatique du Kremlin, en soulignant que l’OCS est aujourd’hui « l’un des pôles d’un monde multipolaire en pleine émergence ».
L’OCS est une organisation en plein essor regroupant dix États (Bélarus, Chine, Inde, Iran, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan) censée faire contrepoids à l’influence occidentale, avec un accent mis sur les questions sécuritaires et économiques.
Le bloc a pris un nouvel élan ces dernières années sous l’impulsion de Pékin et Moscou et compte désormais, outre ses dix membres, quinze partenaires de dialogue, dont la Turquie, l’Arabie saoudite ou le Qatar, ainsi que deux États observateurs, dont l’Afghanistan.
La déclaration fondatrice de l’OCS assure que cette organisation « n’est pas une alliance dirigée contre d’autres États ». Mais les dirigeants russe et chinois se servent régulièrement de ces sommets pour montrer leur union et mettre en avant leur vision d’un monde multipolaire, visant à contrer l’hégémonie américaine qu’ils dénoncent.
Lors du précédent sommet en 2025, Vladimir Poutine avait une nouvelle fois accusé l’Occident d’avoir provoqué la guerre en Ukraine, tandis que Xi Jinping avait dénoncé les « actes d’intimidation » de certains pays, en référence aux tensions entre Washington et Pékin.
« Difficultés économiques » de Téhéran
Ce sommet se tient alors que plusieurs États membres de l’OCS sont impliqués dans des guerres ouvertes, telles que l’invasion russe de l’Ukraine et l’offensive israélo-américaine contre l’Iran déclenchée en février.
D’autres États membres sont aussi engagés dans des conflits commerciaux, avec notamment l’imposition de droits de douanes américains sur les produits chinois et indiens.
Fin août, le gouvernement américain a en outre imposé des sanctions secondaires aux partenaires commerciaux de l’Iran, censées asphyxier le régime iranien, et menacé les alliés de Téhéran.
La Chine a prévenu qu’elle « défendrait fermement » ses intérêts, alors que Pékin est un grand importateur de pétrole iranien. La Russie est également un important partenaire de Téhéran et a intensifié sa coopération militaire et commerciale.
L’Iran affirme régulièrement que la pression économique et les menaces ne le feront pas plier. Mais le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que le pays faisait face à « de nombreuses difficultés économiques », après des décennies de restrictions.
L’Iran, qui a rejoint le bloc en 2023, « estime que son adhésion et sa participation active à ces alliances peuvent lui permettre de contourner les sanctions américaines et européennes », explique à l’AFP Mohammad Hassan Najmi, expert en relations internationales.
Mais selon cet expert, les retombées concrètes de la participation à l’OCS sont incertaines, car « dans les moments de crise, ces alliances ont rarement permis à l’Iran de résoudre ses difficultés ».
Avec AFP

