Avec trois vagues de chaleur en un été, les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, en scrutant la présence de volets, climatiseur voire piscine et l’exposition au soleil.
« L’exposition sud n’est plus autant demandée qu’avant. Au dernier étage d’un immeuble haussmannien la chaleur à l’intérieur devient vraiment insupportable », observe auprès de l’AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris, qui constate une évolution des critères depuis quelques mois.
La chaleur ressentie lors de la visite d’un studio de 14 m2 fait d’ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, un intermittent du spectacle de 30 ans. « Etre sous les toits c’est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l’appartement », relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.
En achetant un appartement, il se projette « au moins à 10-15 ans » et s’inquiète donc de savoir s’il pourra « utiliser cet appartement de manière vivable » ou « devoir fuir comme tout le monde parce qu’il fait trop chaud ».
Selon une étude de Pouget Consultants et Ignes, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique.
Et parmi les 1.750 utilisateurs de la plateforme leboncoin interrogés en juin, 8 sur 10 déclarent avoir ressenti un inconfort lié aux fortes chaleurs. De quoi motiver un tiers des répondants à ce sondage à ne pas exclure de déménager si les canicules s’intensifient.
Pour Sophie Bourg, directrice marketing de leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français « comme des épiphénomènes » mais « sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels ». « La fraîcheur, le confort d’été sont devenus un critère immobilier à part entière », assure-t-elle.
– Des volets et des arbres –
Exposition, étage, piscine, climatisation, volets, possibilité de faire des courants d’air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d’arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l’immobilier interrogés par l’AFP voient émerger.
« Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s’il est possible d’aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres », détaille Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt.











