jeudi, mai 7

Shell plc a publié des résultats du premier trimestre supérieurs aux attentes, la guerre avec l’Iran ayant fait grimper les prix du pétrole et du gaz et dopé les bénéfices de négoce, compensant la baisse de production liée au conflit.

« Shell a livré de solides résultats grâce à notre focalisation constante sur la performance opérationnelle, au cours d’un trimestre marqué par des perturbations sans précédent sur les marchés mondiaux de l’énergie », a déclaré le directeur général Wael Sawan.

Le résultat net ajusté est ressorti à 6,9 milliards de dollars (5,86 milliards d’euros), contre 3,3 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) au trimestre précédent. Shell a également annoncé une hausse de 5 % de son dividende, ainsi qu’un programme de rachat d’actions de 3 milliards de dollars sur les trois prochains mois.

« L’un des principaux moteurs des profits a été le conflit au Moyen-Orient, qui a provoqué un bond des prix du pétrole, ce qui signifie que Shell a pu vendre ses produits à des niveaux bien plus élevés », a expliqué Dan Coatsworth, responsable des marchés chez AJ Bell. Il a ajouté que « le prix du pétrole a été volatil depuis le début du conflit, au gré des espoirs, sans cesse déçus, d’une résolution, et cette volatilité a créé des opportunités pour la division de trading de Shell ».

Avant le déclenchement de la guerre, les cours internationaux du pétrole tournaient autour de 70 dollars le baril. Le choc d’offre lié au conflit a ensuite propulsé le Brent à un pic d’environ 126 dollars le baril, son plus haut niveau en plus de quatre ans. Jeudi matin, les contrats à terme sur le Brent pour livraison le mois prochain sont repassés sous les 100 dollars, sur fond d’espoirs de percée diplomatique entre les États-Unis et l’Iran.

Perspectives et impact sur la production au Moyen-Orient

La hausse des prix du brut et le renforcement des marges de raffinage ont dopé les profits dans l’ensemble du secteur. Mais Coatsworth souligne que Shell a aussi subi des revers opérationnels, notamment des dégâts sur l’une de ses installations au Qatar pendant le conflit et des arrêts liés à un cyclone sur l’un de ses sites de gaz naturel liquéfié en Australie.

Environ 20 % de la production de pétrole et de gaz de Shell provient du Moyen-Orient, ce qui expose le groupe à des perturbations prolongées dans la région.

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Shell a indiqué que sa production de gaz au Qatar devrait reculer d’au moins 30 % au deuxième trimestre par rapport aux trois premiers mois de 2026. En revanche, le groupe précise que ses actifs à Oman restent opérationnels et que la production amont n’y a pas été affectée.

« D’un point de vue stratégique, la question de long terme reste celle du renouvellement des réserves et de la croissance de la production », a déclaré Maurizio Carulli, analyste énergie mondial chez Quilter Cheviot, évoquant les défis qui attendent le groupe. « La récente acquisition d’ARC Resources est une étape importante dans cette direction, faisant passer les perspectives de production de Shell de la stagnation à une croissance modeste mais visible. »

La société a récemment annoncé l’acquisition d’ARC Resources Ltd., un producteur axé sur le gisement de schiste de Montney, au Canada. Les analystes estiment que cette opération renforce la production de gaz de schiste et de liquides de Shell au Canada.

Une taxe exceptionnelle prolongée sur les bénéfices ?

Au Royaume-Uni, la forte hausse des bénéfices de Shell a relancé le débat sur le prolongement de la taxe exceptionnelle sur les profits énergétiques.

« Une fois de plus, les géants des énergies fossiles empochent des profits monstrueux tandis que les automobilistes sont étranglés à la pompe et que les ménages s’apprêtent à payer des factures d’énergie plus élevées », a déclaré à la BBC Danny Gross, militant climat chez Friends of the Earth. Il a plaidé pour un renforcement de la taxe exceptionnelle sur les profits des entreprises d’énergies fossiles.

Les groupes énergétiques opérant au Royaume-Uni sont déjà soumis à une taxe exceptionnelle, mais ce prélèvement ne s’applique qu’aux bénéfices générés par l’extraction de pétrole et de gaz sur le territoire britannique. Le pays représente moins de 5 % de la production mondiale de pétrole et de gaz de Shell.

« Les appels en faveur d’une taxe exceptionnelle sur les profits pétroliers ne feront que s’amplifier maintenant que Shell et BP plc ont toutes deux annoncé des résultats flamboyants, directement liés à la guerre au Moyen-Orient », estime Coatsworth. Il ajoute que « plus les prix du pétrole resteront élevés, plus il sera difficile pour ces groupes de s’opposer aux propositions de taxe exceptionnelle ».

L’action Shell cédait environ 2 % après la publication des résultats, même si les analystes soulignent que ce recul traduit surtout l’anticipation, par le marché, d’une possible reprise prochaine du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, plutôt que des inquiétudes propres à l’entreprise.

« Les chiffres du premier trimestre de Shell se sont révélés clairement meilleurs qu’attendu », observe Carulli. « La faiblesse initiale du cours de l’action semble entièrement liée à des facteurs macroéconomiques plutôt qu’à des éléments propres au groupe, les valeurs pétrolières dans leur ensemble subissant des prises de bénéfices dans l’espoir d’une résolution rapide des perturbations au détroit d’Ormuz. »

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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