D’un côté, l’euphorie. Lundi 5 janvier, au surlendemain de l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduro, lors d’un raid américain, les actions des groupes pétroliers ont bondi à Wall Street. Chevron, la seule major américaine à y avoir maintenu ses opérations ces dernières années, grâce à une autorisation spéciale des Etats-Unis, a vu son cours de Bourse grimper de plus de 5 % au cours de la séance.
Les investisseurs parient-ils donc sur un retour en force rapide du secteur privé américain dans ce pays disposant des plus vastes réserves d’or noir au monde ? La voie avait été ouverte dès samedi par Donald Trump : les grandes entreprises énergétiques américaines vont « se rendre sur place » et y « dépenser des milliards de dollars », a prédit le locataire de la Maison Blanche. Peu importe que ces dernières n’aient pas été consultées. « Nous sommes à peu près certains qu’il y aura un intérêt considérable », renchérissait, dimanche, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, lors d’une interview sur ABC.
L’enthousiasme, c’est aussi celui exprimé par Ali Moshiri. Cet ancien responsable des opérations pour l’Amérique latine de Chevron a joué un rôle-clé dans le choix du groupe de rester au Venezuela en 2007, au moment où l’ancien président Hugo Chavez (1999-2013) décidait de renationaliser tous les actifs pétroliers, poussant ExxonMobil et ConocoPhillips à plier bagage. Ali Moshiri est désormais en quête de 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) pour financer divers projets pétroliers dans le pays. « L’intérêt pour le Venezuela est passé de zéro à 99 % », a-t-il assuré au Financial Times, confiant avoir déjà reçu une douzaine d’appels d’investisseurs potentiels.
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