Le président équatorien, Daniel Noboa, allié de Donald Trump en Amérique latine, a déclaré sur X, lundi 2 mars, vouloir entamer une « nouvelle phase » de lutte contre les puissants groupes criminels qui opèrent le trafic de cocaïne et l’extraction minière illégale, afin de « parvenir à la paix dans chaque recoin du pays » avec des « opérations conjointes » menées avec ses « alliés de la région », dont les Etats-Unis.
Daniel Noboa a reçu, lundi à Quito, le chef du commandement militaire américain pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Southcom), Francis L. Donovan, et le contre-amiral, Mark A. Schafer, responsable du Commandement des opérations spéciales du Southcom. Selon un communiqué de la présidence, des projets « d’échange d’informations et de coordination opérationnelle » dans les ports et aéroports ont été évoqués.
« L’Équateur est l’un des partenaires les plus importants des États-Unis dans la lutte contre les organisations terroristes désignées dans la région », a déclaré le général Donovan dans un communiqué. « Le moyen le plus efficace de vaincre la menace du narcoterrorisme est le partage des responsabilités et la collaboration entre les alliés et partenaires régionaux. Les forces équatoriennes ont constamment démontré cet engagement par leurs actions contre les narcoterroristes dans leurs rues et leurs communautés », a-t-il ajouté.
Il n’a pas été précisé si ces actions conjointes incluront le déploiement de soldats américains sur le territoire équatorien, ni quels sont ces pays alliés à y prendre part.
« Nous sommes en guerre »
Le gouvernement Noboa a par ailleurs annoncé un couvre-feu du 15 au 30 mars dans quatre des 24 provinces du pays les plus touchées par la violence : Guayas, dont la capitale est le port de Guayaquil, Los Rios, Santo Domingo de los Tsachilas et El Oro. Le ministre de l’intérieur équatorien, John Reimberg, a invité les habitants de ces régions à rester chez elles car « nous sommes en guerre », a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’une cérémonie de remise de diplômes à des policiers.
Equateur et Etats-Unis mènent une étroite coopération en matière de sécurité, renforcée depuis l’arrivée au pouvoir de M. Noboa en 2023. En décembre dernier, les Etats-Unis ont déployé des militaires dans le port équatorien de Manta (sud-ouest). Ni leur nombre ni la durée de leur présence dans le pays n’ont été précisés.
L’annonce de cette offensive intervient une semaine après la mort d’« El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG) tué par l’armée mexicaine, et principal partenaire de la mafia équatorienne dans la région. Environ 70 % de la drogue qui transite par l’Equateur provient de ses voisins, la Colombie (au nord) et le Pérou (au sud), les plus grands producteurs de cocaïne au monde. Autrefois havre de paix, l’Equateur – et ses ports sur le Pacifique – est aujourd’hui déchiré par des luttes entre groupes criminels qui ont fait s’envoler le taux d’homicides.












