Avec notre envoyé spécial à Erevan, Daniel Vallot
Une forêt de drapeaux arméniens sur la place de la République et sur la tribune, le Premier ministre Nikol Pachinian qui s’adresse à ses partisans une toute dernière fois avant le scrutin.
« Cette révolution que nous avons menée pour nos enfants, son destin est entre vos mains ! Entre les mains de chacun d’entre vous ! », s’est exclamé le Premier ministre.
Huit ans se sont écoulés depuis la « révolution de velours ». La ferveur n’est plus tout à fait la même, sauf pour cet ancien chauffeur routier qui insiste pour nous montrer dans son portefeuille la photo de Nikol Pachinian. « Il est intelligent, il est honnête et il a fait beaucoup pour nous. Il a bâti des crèches, des écoles, des routes et il a relevé les retraites », énumère-t-il.
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Un double virage en vue ?
Dans la foule se trouve Ninette, venue soutenir elle aussi Nikol Pachinian. Pour cette commerçante de Erevan, le Premier ministre arménien a raison de vouloir faire la paix avec l’Azerbaïdjan. Il a raison également de vouloir s’éloigner de la Russie.
« Nous n’avons pas besoin de Moscou. La Russie veut tout contrôler, mais nous avons fait notre révolution pour être indépendants, pas pour être sous leur tutelle ! », martèle Ninette.
Une large victoire ce dimanche permettrait à Nikol Pachinian de confirmer ce double virage : celui de la paix et d’une orientation pro-occidentale de l’Arménie. À l’inverse de ses opposants, qui lui reprochent la perte du Haut-Karabakh et qui craignent les conséquences économiques et politiques d’une confrontation avec Moscou.
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