Plus de 100 personnes ont été arrêtées au Kosovo, soupçonnées d’avoir falsifié des résultats lors des élections législatives organisées le 28 décembre, élections pour lesquelles un recomptage total a été ordonné, a annoncé vendredi 23 janvier le procureur de Prizren, Petrit Kryeziu.
« Nous parlons d’une organisation et d’une intention directe de subvertir les résultats et la volonté des citoyens », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « Au moment où nous parlons, nous avons 109 personnes détenues pour les infractions pénales de falsification des résultats électoraux, pression et intimidation, ainsi que pour corruption active et passive », a-t-il ajouté.
Au total, selon lui, plus de 68 000 bulletins de vote auraient été détournés à l’occasion des législatives, remportées par le parti du premier ministre sortant, Albin Kurti. Une enquête a été ouverte mi-janvier sur des fraudes supposées pendant le décompte, dont on ignore pour l’instant si elles ont bénéficié à un parti en particulier.
Paralysie politique
Selon les résultats préliminaires, ces élections ont vu la victoire de Vetëvendosje! (VV), formation du premier ministre sortant, Albin Kurti, qui a remporté plus de 51 % des voix. Mais après avoir constaté un « degré élevé d’inexactitudes » lors du recomptage de vérification partiel, la Commission électorale (CEC) a ordonné un nouveau comptage des bulletins dans tous les bureaux de vote, a déclaré le président de la CEC, Kreshnik Radoniqi.
Dans la foulée de cette décision de l’autorité électorale, la procureure Laura Pula a déclaré avoir ouvert une enquête sur d’éventuelles « infractions pénales liées au processus électoral ». C’est dans le cadre de cette enquête que ces arrestations ont eu lieu.
Les élections du 28 décembre avaient été organisées après plus de dix mois de paralysie politique : sans majorité claire, le VV, arrivé en tête lors du précédent scrutin, en février 2025, avait échoué à former une coalition et dû se résoudre à de nouvelles élections.
L’enquête, ainsi que la nouvelle opération de comptage, repousse encore la formation d’une assemblée puis d’un gouvernement, prolongeant ainsi un blocage institutionnel qui a coûté au pays des millions d’euros d’aide non reçus.












