Le candidat de l’UDR d’Eric Ciotti est arrivé très largement en tête dimanche 25 janvier, à l’issue du premier tour d’une législative partielle en Haute-Savoie, devant le candidat LR, selon des résultats officiels provisoires. Antoine Valentin, soutenu par le Rassemblement national, a recueilli environ 45 % des suffrages exprimés, soit cinq points de plus qu’au premier tour des dernières législatives de 2024.
Qualifiant ce score d’« historique », Eric Ciotti a estimé dans un communiqué qu’il « démontrait que l’alliance UDR-RN incarne aujourd’hui la seule dynamique nationale crédible à droite ».
Dans un message sur X, Marine Le Pen a également estimé que ce résultat, ainsi que celui de la législative partielle du Loiret, où la candidate RN est battue mais « progresse fortement », « démontrait que l’alternance et le programme politique que le RN incarne en alliance avec l’UDR sont plus que jamais soutenus et espérés par les Français ».
Le LR Christophe Fournier se classe deuxième mais loin derrière, avec seulement 15 % des voix, nettement en baisse par rapport aux 32 % qu’avait obtenus au premier tour de 2024 la députée démissionnaire de cette troisième circonscription, la LR Christelle Petex. Parlementaire depuis 2021, Mme Petex a démissionné le 6 novembre, déplorant « trop de politique politicienne », ce qui avait déclenché la tenue d’une nouvelle législative.
Derrière ces deux premiers candidats, aucune des neuf autres listes, y compris celle de la gauche, désunie, n’est en position de se maintenir, notamment en raison de la très faible participation (31,28 %). La liste Place Publique et PS d’Anthony Penhouët se classe ainsi troisième (13 % environ). « C’est un peu court mais on progresse et M. Valentin a en fait moins de voix qu’avant », a-t-il réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP), assurant qu’il « appellerait à voter contre l’extrême droite ».
L’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann, venu récemment soutenir M. Penhouët, avait assuré qu’il ne « laisserait pas » cette circonscription devenir « un laboratoire de l’extrême droite ».
La gauche en difficulté, la droite en recomposition
La liste LFI de Nicolas Gavoille ne recueille que 6,5 % environ des voix, en cinquième position derrière la liste sans étiquette « Solution démocratique » de Boris Avouac, soutenue par la députée LR démissionnaire (environ 7,6 %). En 2024, la gauche avait fait une union assez large, se classant troisième au premier tour, avec 24 %. Elle s’était retirée en vertu d’un front républicain.
A quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, cette législative partielle a valeur de test pour les stratégies opposées de la droite : d’un côté, l’actuel LR, opposé à une alliance avec le Rassemblement national, et de l’autre, l’Union des droites pour la République (UDR) qu’a formée l’ancien président des LR Eric Ciotti en s’alliant avec le RN lors des législatives de 2024. Les ténors de LR ne s’y sont pas trompés : Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, réconciliés pour l’occasion, sont venus ensemble apporter leur soutien au candidat LR il y a une semaine.
Le second tour aura lieu le 1er février. En 2024, le candidat UDR avait atteint les 44 % face à la candidate LR, élue à la faveur d’un front républicain.















