mardi, septembre 8

L’administration Trump a déployé un certain nombre de « tactiques agressives » pour renforcer son contrôle sur l’Amérique latine. Surtaxes douanières, ingérence électorale, mais aussi frappes militaires (sur des embarcations de supposés narcotrafiquants) et même l’enlèvement d’un président (celui du Venezuela, Nicolás Maduro)… Mais parmi les outils de sa « politique expansionniste sur l’hémisphère occidental », il en est un moins connu, à la fois « souple, précis et éminemment personnel : le visa états-unien », souligne The New York Times.

Ces derniers mois, le gouvernement de Donald Trump a en effet révoqué ou menacé de révoquer les visas de dizaines de personnalités politiques et de chefs d’entreprise latino-américains récalcitrants, les empêchant de se rendre aux États-Unis s’ils ne se pliaient pas à ses injonctions.

En août, l’ambassade des États-Unis en Argentine a ainsi menacé 18 dirigeants de l’entreprise d’électricité locale Calf de leur retirer leur visa s’ils faisaient appel à la compagnie chinoise de télécommunications Huawei dans le cadre de l’exploitation du gisement pétrolier de Vaca Muerta.

Au Costa Rica, l’an dernier, ce sont deux députés qui ont perdu leur visa après avoir critiqué un décret présidentiel interdisant les fournisseurs chinois de 5G comme Huawei.

En février, trois hauts fonctionnaires chiliens, dont le ministre des Transports et des Télécoms, ont vu leur visa révoqué en raison d’un projet chinois de construction d’un câble sous-marin de près de 20 000 kilomètres reliant Valparaíso à Hong Kong. Selon l’ambassade des États-Unis au Chili, ce projet allait à l’encontre des intérêts américains et faisait planer des risques, notamment de cyberattaques, sur toute la région. Dans un communiqué, l’ambassadeur, Brandon Judd, a expliqué que les sanctions en matière de visas « ne visent pas à punir, mais à modifier les comportements ». Le projet de câble sous-marin a été suspendu.

Mais cette mesure de pression n’est pas seulement utilisée pour réduire l’influence de la Chine dans la région. L’administration Trump s’en sert aussi pour punir ses adversaires politiques ou ceux de ses alliés : journalistes costaricains, juges brésiliens, opposants panaméens ou dirigeants du parti Morena (gauche), au pouvoir au Mexique, se sont vu retirer leur visa sans explication ces derniers mois…

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