La fraude aux moyens de paiement fait de la résistance. Après s’être stabilisée en 2024, elle est repartie à la hausse au premier semestre 2025, augmentant de 7 % sur un an pour atteindre 618 millions d’euros, selon les chiffres publiés, mardi 27 janvier, par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), une organisation rassemblant autorités publiques, secteur bancaire, consommateurs et commerçants. Cette hausse est, en outre, supérieure à celle des flux de paiements hors espèces (+ 5 %, à 18 087 milliards d’euros). Principale explication de ce rebond : la progression continue de la fraude par manipulation, qui a enregistré un bond de 37 % en montant par rapport aux six premiers mois de 2024.
L’utilisation des techniques d’« ingénierie sociale » – en clair, de manipulation – s’est concentrée sur le contournement des dispositifs d’authentification forte mis en œuvre par le secteur bancaire. Cela a favorisé un déplacement de la fraude de la carte vers le virement. A elle seule, la fraude par manipulation a ainsi représenté environ 40 % de la valeur totale de la fraude au premier semestre 2025, contre 32 % sur la même période en 2023 et en 2024.
Les techniques d’approche de l’utilisateur sont « plus sournoises », donc plus difficiles à identifier, explique Julien Lasalle, secrétaire de l’OSMP. Cette évolution se traduit notamment par un usage de plus en plus fréquent par les réseaux de fraudeurs de numéros de téléphone en 06 ou en 07, soit pour envoyer des SMS, soit pour passer des appels qui usurpent souvent l’identité d’un conseiller bancaire. A cette fraude « banalisée », poursuit M. Lasalle, s’ajoute le recours croissant aux messageries électroniques, « ce qui leur permet d’afficher le logo de leur choix à la place de la photo de profil, pour tromper leur victime ».
Une coopération avec les grandes plateformes numériques
Dans la course permanente que constitue la lutte contre la fraude, les autorités espèrent enregistrer, en 2026, les premiers résultats de la vérification systématique de l’identité du bénéficiaire d’un virement. Le règlement en vigueur depuis octobre 2025 permet de lutter contre la substitution d’IBAN. Un dispositif complété par la création d’un fichier partagé des IBAN identifiés comme frauduleux, tenu par la Banque de France et qui sera à la disposition des banques et des prestataires de services de paiement à partir du 7 mai.
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