Fin janvier, avant même le déclenchement du conflit, le sénateur démocrate Tim Kaine avait introduit une résolution pour « ordonner le retrait des forces armées américaines des hostilités contre la République islamique d’Iran qui n’ont pas été autorisées par le Congrès ». Mais son initiative a été rejetée avec 53 voix contre et 47 pour. Comme prévu, les sénateurs républicains ont donc fait bloc derrière la Maison Blanche, rapporte notre correspondant à Washington, Vincent Souriau. Un seul élu conservateur, Rand Paul, le libertarien du Kentucky, s’est rangé du côté démocrate en faveur de cette résolution. Mais ça n’a pas suffi à inverser le rapport de force.
Face à un président qui a étendu l’emprise du pouvoir exécutif sur le législatif depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Tim Kaine, aux côtés de nombreux autres parlementaires démocrates, assurait vouloir réaffirmer l’autorité du Congrès, seul habilité par la Constitution des États-Unis à déclarer la guerre.
« Les Américains veulent que le président Trump fasse baisser les prix – pas qu’il nous entraîne dans des guerres inutiles et éternelles », avait déclaré le sénateur de Virginie dans un communiqué mardi, qui dénonce depuis samedi un conflit lancé de manière « illégale » par le républicain.
À l’issue mardi d’un briefing classé secret défense entre les sénateurs et notamment le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, sur la guerre contre l’Iran, Tim Kaine avait assuré à l’AFP qu’aucune preuve n’avait été présentée par le gouvernement sur l’existence d’une « menace imminente de l’Iran » contre les États-Unis.
Une question au cœur du débat
Cette question de « menace imminente » est au cœur du débat sur la légalité du déclenchement du conflit par Donald Trump. Car si le Congrès est le seul habilité à déclarer la guerre, une loi de 1973 permet au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d’urgence créée par une attaque contre les États-Unis. Dans sa vidéo annonçant l’opération samedi, Donald Trump avait justement évoqué une menace « imminente » posée selon lui par l’Iran, mais n’a pas convaincu l’opposition démocrate à ce sujet.
À la Chambre des représentants, une résolution similaire à celle de Tim Kaine au Sénat devrait être soumise au vote jeudi, mais un échec est là aussi attendu. « L’idée que nous retirions ce pouvoir à notre commandant en chef, le président, de finir le boulot est une perspective effrayante pour moi », avait affirmé lundi le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson. « C’est dangereux, et j’espère et je crois que nous avons suffisamment de voix pour rejeter cela », avait-il ajouté devant la presse au Capitole.
Un seul scénario semble pouvoir faire bouger les lignes : l’hypothèse de mobiliser des troupes au sol. Les Républicains indiquent que ce dans ce cas-là, ils seront particulièrement vigilants et qu’ils attendront de sérieuses explications de l’exécutif.
Après le Sénat, c’est à la Chambre des représentants de se prononcer à son tour ce jeudi sur les pouvoirs de guerre du président.
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