Le roi Charles III et la reine Camilla ont été reçus lundi par Donald Trump, au premier jour d’une visite qui suit de peu une nouvelle tentative présumée d’assassinat du président américain, et en pleine crispation diplomatique autour du conflit en Iran.
Le couple royal a été accueilli par le dirigeant républicain et son épouse Melania vers 22h20, heure française, à l’entrée sud de la Maison Blanche.
Tous quatre ont posé sur le tapis rouge, le roi et le président échangeant quelques propos inaudibles pour les journalistes présents, avant de gagner l’intérieur du bâtiment pour prendre le thé, à l’écart de la presse. Une visite des ruches de la Maison Blanche est également prévue, au premier jour de ce voyage qui se conclura jeudi.
La reine Camilla portait à son arrivée une broche réunissant les drapeaux américain et britannique, reproduits en pierres précieuses, sur une robe blanche ornée de broderies noires. Melania Trump, vêtue d’un tailleur jaune pâle, l’a embrassée à son arrivée. Donald Trump et Charles III, vêtus tous deux de costumes bleu foncé, à fines rayures blanches pour le roi, ont échangé une poignée de main.
La visite d’Etat doit marquer le 250e anniversaire de l’indépendance américaine, et célébrer les liens entre les deux pays. Elle « se déroulera comme prévu », a dit dimanche le palais de Buckingham, quelques heures après qu’un assaillant armé a tenté de forcer l’entrée d’un dîner de gala en présence du président américain.
La confirmation du voyage a réjoui le dirigeant républicain, fasciné par la famille royale, aussi prompt à louer le monarque que prodigue en critiques contre le Premier ministre britannique Keir Starmer.
« Un mec super »
« C’est un mec super », a dit Donald Trump à propos du roi dans un entretien avec Fox News dimanche, « il représente son pays comme personne d’autre ne peut le faire. »
Charles III s’était dit « très soulagé » d’apprendre que Donald Trump était « sain et sauf » après les coups de feu tirés samedi pendant le dîner annuel des correspondants de la Maison Blanche, à l’extérieur de la salle où se tenait le président. Un suspect a été inculpé lundi pour tentative d’assassinat contre Donald Trump.
L’ambassadeur britannique aux Etats-Unis, Christian Turner, a parlé dimanche d’un « immense enthousiasme » du président américain pour cette visite, par laquelle Donald Trump rend aussi la politesse après avoir été reçu avec faste au Royaume-Uni l’an dernier.
Mardi, la journée la plus protocolaire du voyage commencera par une cérémonie d’accueil militaire. Donald Trump et Charles III auront un entretien dans le Bureau ovale, tandis que leurs épouses participeront à un événement consacré à l’éducation et à l’intelligence artificielle.
Charles III devant le Congrès américain mardi
Le même jour, le souverain britannique prononcera un discours devant le Congrès américain – le premier du genre depuis Elizabeth II en 1991. Les deux couples se retrouveront en soirée pour un dîner de gala en comité assez restreint dans une salle de réception de la Maison Blanche.
En déplacement à New York mercredi, le roi et la reine se rendront au Mémorial des attentats du 11-Septembre.
Charles III voudra tout faire pour éviter que la crispation entre Londres et Washington ne produise une note discordante dans cette pompe bien huilée.
Le monarque a pour mission, implicite, d’amadouer Donald Trump, certes bien disposé personnellement à son égard, mais excédé par les réserves des autorités britanniques concernant la guerre en Iran, entre autres sujets de discorde.
Le tout sans laisser trop l’ascendant à l’imprévisible président américain, ce qui alimenterait les critiques déjà nombreuses au Royaume-Uni sur ce voyage. En plus d’attaquer Keir Starmer, le président américain a bousculé la « relation spéciale » transatlantique en s’en prenant à l’armée et à la marine britanniques.
Le déplacement a un autre sujet explosif en toile de fond: l’affaire Epstein et l’amitié passée du frère du roi, Andrew, avec le défunt pédocriminel. Les commentateurs guetteront toute allusion, même la plus subtile, à cette affaire qui n’en finit plus de secouer la monarchie britannique.
Article original publié sur BFMTV.com




