Jusqu’à la « guerre de douze jours », en juin 2025, entre le duo israélo-américain et l’Iran, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025, n’avait pas eu d’impact majeur sur la coopération entre Washington et Paris sur le terrain du renseignement. La première indication que le monde du secret allait aussi devoir s’adapter à la nouvelle donne transatlantique est intervenue au cours de l’été. La direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services secrets français, comprend alors que le dialogue avec les agences américaines sur le dossier iranien sera désormais limité. « Leurs interlocuteurs leur ont dit, relate un diplomate français en lien avec la DGSE, qu’ils ne pouvaient plus échanger sur les installations nucléaires iraniennes puisque le président Trump avait dit qu’elles étaient toutes détruites. » Une affirmation pourtant contestée par les Israéliens eux-mêmes.
La gouvernance erratique du président américain, les purges au sein de ses services secrets et des nominations très politiques de personnalités sans expérience à la tête des agences comme à des niveaux subalternes affectent désormais la coopération avec les services occidentaux. Une évolution assez rare car, en général, le renseignement, qui se veut le dernier bastion de la realpolitik, résiste bien aux turbulences politiques. Résultat, la France et ses plus proches partenaires européens ont multiplié, depuis l’été, les initiatives pour diminuer la dépendance au renseignement américain et renforcer leur souveraineté.
Il vous reste 80.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.












