Le Sénat a adopté mardi le projet de loi visant à permettre aux boulangers et fleuristes artisanaux de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai, une initiative gouvernementale qui a ravivé les clivages, quelques semaines après une Fête du travail déjà très marquée politiquement.
Seul jour férié, chômé et payé du calendrier, le 1er-Mai n’en finit plus de faire débattre la représentation nationale.
Il y a six semaines, en pleine Journée internationale des travailleurs, le Premier ministre Sébastien Lecornu et le patron de Renaissance Gabriel Attal, futur candidat à la présidentielle, s’affichaient déjà chacun de leur côté dans une boulangerie pour défendre « la liberté de travailler ».
Mardi, c’est le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou qui a repris la main, en défendant devant les sénateurs un projet de loi de « clarification » du cadre légal du travail des salariés des boulangers et des fleuristes le 1er-Mai.
Sans surprise au vu de sa majorité acquise à la droite et aux centristes, le Sénat l’a adopté à 229 voix contre 110, sans modification. L’ensemble de la gauche, qui relayait la position de syndicats hostiles, a voté contre.
Cette initiative est en réalité la deuxième du genre en quelques mois: sous pression face à la fronde, le gouvernement avait dû se résoudre mi-avril à stopper l’examen au Parlement d’une précédente proposition de loi similaire, mais à la portée plus large.
Après avoir dialogué avec les filières, l’exécutif revient au Parlement avec une proposition qu’il juge plus équilibrée et respectueuse du dialogue social.
En quelques lignes, le texte prévoit que les artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes puissent faire travailler leurs salariés ce jour-là, sous réserve qu’un accord de branche fixe les conditions de recueil de leur volontariat et de leur rémunération.
C’est « une solution solide sur le plan juridique, intelligente sur le plan pratique et respectueuse de notre histoire sociale », a plaidé Jean-Pierre Farandou, assurant que la nécessité d’un accord de branche allait « renforcer le pouvoir des syndicats ».
– Une « brèche » ouverte ? –
L’exécutif voit ce texte comme une loi de « clarification ». En effet, le Code du travail prévoit que les établissements qui ne peuvent pas interrompre leurs activités puissent faire travailler leurs salariés, en les payant double, mais sans préciser les métiers concernés, laissant la place aux interprétations. Une forme de tolérance a longtemps prévalu pour les boulangers et les fleuristes, mais certains contrôles de boulangers depuis 2023, suivis d’amendes, ont remis le sujet sur la table.











