Les autorités ont-elles sacrifié Le Porge pour sauver les riches villas du Cap Ferret ? Face à la rumeur qui enfle sur les réseaux sociaux, Sébastien Lecornu déplore, ce samedi 1er août, une douleur « instrumentalisée par des complotistes ». L’incendie est fixé depuis samedi en Gironde, mais il est loin d’être éteint, et l’un des derniers points chauds se trouve justement à proximité de cette petite commune de 3 500 habitants.
« Je comprends leur douleur, je comprends même leur colère. Lorsqu’on perd sa maison ou le travail d’une vie, aucune explication ne suffit. Mais cette douleur est aujourd’hui instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux », dénonce le Premier ministre dans les pages de La Tribune dimanche. « C’est irresponsable », appuie-t-il.
Face à l’incendie qui frappe la Gironde, le désarroi des habitants et des touristes
En Gironde, la commune a été la plus dévastée par les flammes au niveau du bâti. Avec 183 habitations anéanties sur 240, Le Porge concentre les trois quarts des destructions de logements causées par le feu qui ravage le département depuis le 22 juillet dernier, selon le décompte de l’Agence France presse.
En réponse à cette situation, un collectif d’habitants s’est constitué pour engager des démarches judiciaires dans le but d’obtenir des réponses sur la chaîne de responsabilités. Celui-ci rassemble déjà plus de 700 habitants de la commune, selon l’AFP.
Un collectif « légitime »
Dans les médias, certains habitants, dont plusieurs sont membres du collectif, ont estimé que les autorités avaient sacrifié leurs maisons pour protéger celles du Cap Ferret, une zone plus huppée des environs. « Le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île (du Cap Ferret) », a par exemple assuré dans la semaine Delphine, membre du collectif, auprès de franceinfo.
« Ce collectif est légitime, non seulement sur ce sujet de l’évacuation, mais aussi sur celui de l’attitude des pompiers. À part ceux du Porge, tous les autres ont soudainement cessé le combat pour aller défendre le Cap Ferret », a abondé Nathalie Augonnet, habitante et adjointe au maire du Porge, dans les colonnes du Parisien.
Leurs prises de parole ont ensuite fait le tour des réseaux sociaux, et ont notamment été reprises par des comptes complotistes, comme le souligne le site spécialisé Conspiracy Watch, qui démêle les fake news et déconstruit les discours conspirationnistes.
« Il faut arrêter de raconter n’importe quoi »
« Il faut arrêter de raconter n’importe quoi », coupe court Sébastien Lecornu dans son interview. « Qui peut sérieusement croire qu’un état-major de sapeurs-pompiers déciderait de protéger une commune plutôt qu’une autre parce qu’elle serait plus aisée ? », tonne le Premier ministre, indigné.
« Les pompiers prennent leurs décisions selon un seul critère : sauver des vies humaines. Celle des autres, et la leur ensuite. C’est leur seule boussole », affirme Sébastien Lecornu. « Personne n’a rien à cacher », ajoute-t-il au sujet de l’enquête qui doit être diligentée, dans un contexte où, comme s’en est félicitée la préfète de Gironde Sophie Brocas, le terrible incendie n’a fait aucun blessé, ni mort parmi les civils.
La prise de parole du chef du gouvernement fait écho aux déclarations du ministre de l’Intérieur en milieu de semaine. Interrogé par BFMTV, Laurent Nuñez avait affirmé : « J’entends dire qu’on aurait privilégié la presqu’île du Cap Ferret, il n’y a eu aucune instruction en ce sens, ni au plan local, ni au plan national ». Et de promettre : « On sera absolument transparent sur la façon dont les choses se sont passées. »
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