Ce matin-là, je n’ai pas entendu le téléphone sonner. J’étais assise sur les gradins d’un court de tennis. Charlize courait derrière chaque balle, Clémence [son autre petite-fille] et moi la suivions des yeux. Son coup droit s’était amélioré. Un appel en absence s’est affiché. Un numéro non répertorié dans mes contacts. J’ai rappelé un peu plus tard. « Bonjour, vous avez cherché à me joindre ? » L’homme s’est présenté : « Sous-brigadier Laurent Perret, au commissariat de Carpentras. Nous avons entendu votre mari, il y a quelques semaines, vous savez de quoi il s’agit ? » J’ai dit que oui, mon mari m’avait tout raconté.
[Nous sommes alors à l’automne 2020. Dominique Pelicot est accusé d’avoir filmé sous les jupes de trois femmes dans un supermarché. Il l’a avoué à son épouse, assurant, en larmes, avoir « perdu la tête ». Après un moment de stupeur et de dégoût, elle lui a pardonné à condition qu’il consulte un psychologue. Elle croit que l’appel du policier concerne cette affaire, la première du genre dans l’histoire du couple.]
Ma réponse résonnait en moi comme une victoire, la transparence et la confiance au cœur d’un vieux couple. J’ai ajouté que je vivais depuis cinquante ans avec cet homme et que jamais il ne m’avait fait de coup bas.
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