« Perce, perce, perce-neige, /Annonces-tu la Chandeleur, /Le soleil et son cortège/De chansons, de fruits, de fleurs ? » Pour le poète et résistant Robert Desnos, la promesse de cette gracile fleur blanche, symbole de renouveau et d’espérance, ne sera pas tenue. Prisonnier dans un camp nazi à l’hiver 1945, il mourra l’été suivant du typhus, à Theresienstadt (Tchécoslovaquie), à l’âge de 44 ans. Son poème ne sera publié qu’en 1952 (Chantefables et Chantefleurs).
Capables de fendre les couches neigeuses dès la fin janvier pour affronter les rigueurs du climat, ces frêles clochettes sonnent le prélude du printemps. A ce jour, plus de 25 espèces sont connues. « On continue d’en découvrir de nouvelles, même en Europe », s’étonne Germinal Rouhan, botaniste au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à Paris. L’une d’elles, Galanthus subalpinus, a ainsi été dénichée dans les Balkans en mars 2025.
Tous les perce-neige appartiennent au genre Galanthus – du grec gala, « lait », et anthos, « fleur ». Ces plantes à bulbe prospèrent de l’Europe au Moyen-Orient, mais c’est le Caucase qui abrite le plus d’espèces. « Cette région serait leur berceau », précise Germinal Rouhan. Ils étaient jadis classés dans la famille des liliacées, avec les lys et les tulipes. Ce sont en réalité des amaryllidacées, tout comme les narcisses, l’ail ou l’oignon, a révélé leur arbre phylogénétique.
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