Dans sa folle croisade pour bouter la Chine hors des infrastructures stratégiques d’Amérique latine, Donald Trump a marqué un nouveau point. Lundi 23 février, le Panama a publié au Journal officiel l’annulation des concessions portuaires détenues par la Panama Ports Company (PPC), une filiale de la compagnie hongkongaise CK Hutchison sur les terminaux de Balboa, côté océan Pacifique, et Cristóbal, côté Atlantique.
Dans la foulée, le pays a repris mardi le contrôle des installations portuaires, “y compris les grues, les véhicules, les systèmes informatiques et les logiciels”, explique le site de la chaîne américaine d’informations financières CNBC, qui y voit “une victoire majeure pour les États-Unis, étant donné que la Maison-Blanche a fait du blocage de l’influence de la Chine sur cette artère commerciale mondiale l’une de ses principales priorités”.
Afin de garantir la continuité des opérations portuaires jusqu’à l’attribution d’une nouvelle concession, dans un délai de dix-huit mois, des concessions temporaires ont été accordées au groupe danois Maersk et au géant suisse MSC.
Ce décret intervient un mois après la décision de la Cour suprême du Panama d’invalider les contrats de la firme chinoise sur les deux ports du Canal qu’elle gérait depuis plus de vingt ans. En cause : “Une répartition disproportionnée en faveur de l’entreprise au détriment des caisses de l’État”, a estimé la Cour, qui a déclaré les concessions “inconstitutionnelles”.
Une aubaine pour les États-Unis, alors que durant l’été, le fond états-unien BlackRock avait mené des mois de négociations infructueuses pour racheter les concessions de Hutchison.
Pour la presse du Panama, loin de se soumettre aux États-Unis, le pays “a décidé de reprendre le contrôle de son destin” et de récupérer “sa souveraineté” sur le canal “après des décennies d’un modèle contestable”, estime ainsi le quotidien local La Estrella. Les concessions chinoises, attribuées en 1997 et prolongées en 2021, devaient prendre fin en 2047.
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