Les autorités panaméennes ont pris lundi le contrôle de deux ports du canal de Panama, après l’annulation en justice de la concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison, dont la filiale locale a dénoncé une mesure « illégale ».
Fin janvier, la Cour suprême du Panama avait jugé « inconstitutionnel » le contrat qui avait permis depuis 1997 à la société Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, de gérer deux ports situés aux deux extrémités du canal, celui de Cristobal, côté océan Atlantique, et celui de Balboa, côté Pacifique.
La semaine dernière, CK Hutchison avait demandé au gouvernement panaméen d’entamer des négociations afin de lui permettre de continuer à exploiter ces deux terminaux et ainsi « éviter le chaos ».
Mais lundi, le Panama a annoncé avoir pris le contrôle des deux ports, une mesure formalisée par un décret quelques heures après la publication de la décision de la Cour au journal officiel.
« L’Autorité maritime du Panama a pris possession de ses ports et garantit la continuité de l’exploitation », a annoncé en conférence de presse Max Florez, le directeur des ports de l’institution.
Le « décret d’occupation » ouvre une période de transition de 18 mois, a-t-il précisé. Durant cette période, les ports seront exploités par deux autres entreprises avant d’être attribués dans le cadre d’un nouvel appel d’offres international.
– Transition –
APM Terminals, filiale du groupe danois Maersk, opèrera le port de Balboa. Terminal Investment Limited (TiL), appartenant au géant logistique MSC, exploitera celui de Cristobal.
L’an dernier, 38% des conteneurs ayant transité par le Panama sont passés par ces deux ports.
« Nous allons définir le modèle (…) d’appel d’offres international » afin de disposer d’opérateurs de long terme, a affirmé durant la même conférence de presse Alberto Aleman Zubieta, chargé de la transition.
Cette reprise en main intervient alors que les Etats-Unis cherchent à limiter l’influence chinoise sur le canal de Panama, voie stratégique de 80 kilomètres par laquelle transitent environ 5% du commerce maritime mondial.
PCC a réagi en disant « s’opposer fermement aux démarches du gouvernement visant à développer et à mener à bien cette prise de contrôle illégale, sans transparence ni coordination ».
Selon la filiale, des représentants du gouvernement panaméen « sont arrivés dans les ports sans y être invités » et ont remis une lettre indiquant que « la concession de PPC n’existe plus, que les ports sont propriété de l’Etat et que PPC doit cesser ses opérations ».











