Le nombre maximum de loups pouvant être tués a été porté à 21 % de l’effectif total estimé en France, contre 19 % auparavant, selon un arrêté paru mardi 24 février au Journal officiel. L’abattage de ces bêtes « dans le milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux », est toujours interdit, mais le texte supprime le loup de la liste française des mammifères terrestres protégés, établie en 2007.
En mai, l’Union européenne avait déclassé le statut de protection du loup, devenu une espèce « protégée » et non plus « strictement protégée », ouvrant la porte à plus de souplesse dans les plans de gestion du loup des Etats membres.
Parmi les autres règles assouplies, il n’est, par exemple, plus nécessaire d’obtenir une autorisation, pour un éleveur, afin d’effectuer un tir de défense d’un troupeau, au sein de certaines zones particulièrement exposées. Une déclaration préalable au préfet est désormais suffisante. La procédure pour les « tirs de prélèvement » – effectué indépendamment de l’attaque d’un troupeau – a aussi été allégée.
« Quand on tue des loups, ça disperse les meutes »
« Si ces mesures constituent une première réponse pour les éleveurs des territoires nouvellement prédatés, elles restent dérisoires face aux dégâts enregistrés chaque année », ont jugé, lundi, plusieurs organisations, dont la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, le premier syndicat des agriculteurs, après des annonces effectuées par la ministre de l’agriculture, Annie Genevard.
Ces mesures sont jugées « complètement inacceptables » par Muriel Arnal, présidente de l’association One Voice, spécialisée dans la protection animale. « [Cela] ne va rien régler, bien au contraire : il est prouvé que, quand on tue des loups, ça disperse les meutes, ce qui augmente les attaques », a-t-elle expliqué, annonçant vouloir « déposer le plus rapidement possible un recours devant le Conseil d’Etat ».
D’après les estimations du ministère, « le nombre d’attaques de loup a augmenté d’environ 10 % » en 2025, le portant à 4 441 attaques, pour 1 082 bêtes présentes sur plus de 60 départements français, selon le dernier comptage officiel. Selon les ONG, il faudrait une population de 2 500 loups pour que l’espèce soit viable.













