Une hausse du chômage en signe d’un retournement de tendance au-delà de changements de paramètres: le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité inscrits à France Travail a augmenté de 2,6% au quatrième trimestre 2025 par rapport au troisième et de 6,8% sur un an.
Ces chiffres (France hors Mayotte) tiennent compte de l’inscription, depuis début 2025, de tous les allocataires du RSA et des jeunes en parcours d’insertion à France Travail, un chamboulement majeur pour les chiffres de l’institution, ainsi que d’un nouveau régime de sanctions entré en vigueur au 1er juin.
Sans ces modifications, la hausse du nombre de chômeurs aurait été limitée à 2% sur le quatrième trimestre et à 1,7% sur l’année.
Ces chiffres « présentent une hausse modérée du nombre de demandeurs d’emplois » a réagi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur X. Sans « les changements de règles administratives » qui ont élargi le périmètre des personnes inscrites et réduit les radiations automatiques, « les estimations indiquent un ralentissement modéré du marché du travail, sans rupture brutale », ajoute le ministre. Il souligne aussi que le taux d’emploi se maintient parallèlement « à un niveau historiquement élevé ».
Le directeur du département Analyse et Prévision de l’OFCE, Eric Heyer relève en revanche « une forte dégradation au quatrième trimestre », qui « n’est pas liée à la loi plein emploi » mais « à une dégradation du marché du travail ».
« Globalement, il y avait une baisse du nombre de demandeurs d’emploi continue de 2015 jusqu’à 2022, puis de 2022 à mi-2024, cela s’est stabilisé et depuis le troisième trimestre 2024, il y a un retournement », résume l’économiste.
« Ce sont essentiellement les demandeurs d’emploi de longue durée qui augmentent, ce qui laisse entendre que plus longtemps vous restez demandeur d’emploi, plus il vous est difficile de retourner sur le marché du travail », pointe-t-il parmi les signaux « alarmants ».
– « Incertitude » –
« On voit une dégradation qui n’est pas surprenante », analyse Nathalie Chusseau, économiste à l’université de Lille. Avec comme explications « l’incertitude politique nationale et le contexte géopolitique et commercial international qui obèrent les investissements et un taux de faillites d’entreprises record depuis trois ans ».
Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité a atteint en moyenne sur le trimestre 3,35 millions.













