JUSTICE – Jugé pour l’assassinat de sa femme, il se dit victime d’un complot. Au premier jour de son procès pour avoir tué sa femme Chahinez Daoud, blessée par balle puis brûlée vive en 2021 à Mérignac (Gironde), Mounir Boutaa, a dit être la cible d’un complot ourdi par « des pros ».
L’accusé franco-algérien, âgé de 48 ans, a assuré à la cour ce lundi 24 mars vouloir « se donner à 100 % pour démontrer une association de malfaiteurs qui se sont réunis pour me voler, pour me détruire ». « Ce sont des pros », « il y a des preuves en Algérie », a-t-il ajouté, enjoignant à la juge qui a instruit le dossier de démissionner car « de tout ce que j’ai dit, il n’y a pas eu de recherches ».
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« Ce sont des termes qu’il a pu tenir pendant toute l’instruction », a commenté devant la presse l’une de ses avocates, Me Elena Badescu. « Ils sont dans la continuité de son positionnement », a confirmé le conseil de la famille de la défunte, Me Julien Plouton, ajoutant que cela revient « à inverser les rôles » en se posant comme victime et à « imaginer des complots ».
Mounir Boutaa est jugé pour avoir tué son épouse Chahinez Daoud, qui cherchait à le quitter, en lui tirant une balle dans chaque jambe avec un fusil, avant d’asperger son corps d’essence et d’y mettre le feu. Le jour des faits, en mai 2021, il avait passé la journée caché dans un véhicule garé à proximité du domicile familial, à surveiller les allées et venues de la jeune femme, avant de passer à l’acte. La préméditation, qu’il conteste, a été retenue par l’accusation.
Mounir Boutta décrit comme violent et menaçant
En garde à vue, il avait affirmé vouloir « cramer » son épouse qu’il accusait d’infidélité, « la punir » de l’avoir fait condamner pour violences en 2020, à tort selon lui, mais sans la tuer. « Comment ça se fait qu’en 2025, son amant n’est pas présent ici », a-t-il lancé à la cour, accusant Chahinez Daoud « d’avoir eu un plan diabolique » et d’avoir voulu « l’empoisonner ».
Durant l’instruction, il a été décrit par son entourage comme un personnage « violent », « menaçant » et buvant trop, « excessivement jaloux » et « ayant tendance à se présenter comme victime ». Les experts psychiatriques ont conclu à un « discernement altéré » au moment des faits, « en raison d’un délire paranoïaque » teinté de « troubles narcissiques » et de « jalousie pathologique ».
Lundi à l’audience, lui-même s’est présenté comme quelqu’un de « très gentil », « serviable », « gentleman », « têtu », niant être violent et avoir un problème d’alcool.
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