Les baisses successives du taux d’intérêt du Livret A, passé de 3 % à 1,7 % en 2025 et même 1,5 % le 1er février, lui ont fait perdre de l’attrait aux yeux des épargnants.
L’année dernière, ils ont été plus nombreux à récupérer leur argent qu’à en déposer. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) enregistre une décollecte nette de 2,12 milliards d’euros pour le produit phare de l’épargne réglementée (83 % des Français en possèdent un, d’après la Banque de France).
C’est la première fois en dix ans qu’on enregistre plus de retraits que de dépôts, dans une moindre mesure toutefois que les pertes nettes de 9,29 milliards d’euros enregistrées en 2015 et de 6,13 milliards en 2014.
Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, rappelle que le rendement moyen du Livret A l’année dernière (2,16 %) est resté au-dessus de l’inflation (0,9 %). Cela n’a pas empêché les ménages de réorienter leur épargne, notamment vers l’assurance-vie (49,4 milliards d’euros nets collectés entre janvier et septembre 2025). « Les rendements des fonds en euros sont redevenus compétitifs avec la baisse de ceux de l’épargne de court terme et la bonne tenue des marchés financiers, explique-t-il. Cette réorientation est d’autant plus logique que les ménages avaient accumulé, ces cinq dernières années, une forte épargne de précaution. »
L’exception du LDDS
Il souligne en outre la baisse des intérêts capitalisés du Livret A, passés d’un record de 12,32 milliards d’euros en 2024 à 9,24 milliards d’euros en 2025. Leur niveau a néanmoins été suffisant pour permettre aux encours de progresser malgré la décollecte (449,6 milliards d’euros, en hausse quasi constante depuis 2009).
Les autres produits d’épargne réglementée s’en sortent à peine mieux que le Livret A.
Le Livret d’épargne populaire (LEP) a enregistré en 2025 840 millions d’euros de décollecte nette. Il est lui aussi pénalisé par la baisse de son taux d’intérêt (de 4 % début 2025, il est passé à 2,7 % actuellement et atterrira à 2,5 % le 1er février), combinée aux « difficultés de pouvoir d’achat des ménages les plus modestes », comme le souligne Philippe Crevel. Le LEP est un habitué de la décollecte, puisqu’il l’a été en permanence de 2009 à 2021. Il n’a renoué avec la collecte qu’en 2022 (8,28 milliards), avec un pic à 20,67 milliards d’euros en 2023. Ses encours sont actuellement proches de 84 milliards d’euros.
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