- Emmanuel Macron a mandaté un groupe d’experts afin d’étudier les dangers des jeux vidéo pour la santé mentale des plus jeunes.
- Selon lui, il n’est pas exclu que cela puisse conduire à des comportements violents chez certains.
- De nouveau pointée du doigt, l’industrie du jeu vidéo rappelle qu’aucun lien n’a été démontré scientifiquement.
Les jeux vidéo rendent-ils violents ? Le débat ressurgit après les propos d’Emmanuel Macron. Jeudi 5 février, dans un entretien diffusé par le média Brut, le président a annoncé qu’il avait demandé à des experts d’étudier les dangers des jeux vidéo pour la santé mentale des plus jeunes. Des scientifiques, avec l’appui du Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique (CIANum), auront « deux mois »
pour « essayer de mesurer scientifiquement »
les effets et s’il y a un « consensus scientifique ».
Si l’impact sur les jeunes de certains jeux vidéo « est très mauvais »
, alors « peut-être qu’il faudra interdire »,
a-t-il prévenu.
Selon lui, « quand vous passez cinq ou six heures par jour à tuer des gens »
dans des jeux, « à être dans cette logique-là de prédation, c’est clair qu’à un moment donné, ça conditionne des jeunes »
et ça peut « les désinhiber complètement et parfois leur faire commettre le pire »
. En juin 2023, le président de la République avait ravivé cette idée en affirmant que « certains [jeunes vivaient] dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués »
pendant les émeutes qui ont suivi la mort du jeune Nahel (nouvelle fenêtre), avant de faire son mea culpa quelques mois plus tard.
La littérature scientifique abondante a clairement démontré qu’il n’y a pas de corrélation
La littérature scientifique abondante a clairement démontré qu’il n’y a pas de corrélation
Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL)
Pointée du doigt, l’industrie du jeu vidéo a de nouveau tenté ce vendredi de convaincre que les jeux violents n’entraînent pas de comportements similaires dans le monde réel. Le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) rétorque, dans un communiqué, que les jeux vidéo n’y sont pour rien. « La littérature scientifique abondante a clairement démontré qu’il n’y a pas de corrélation entre pratique du jeu vidéo et violence. Autrement dit, le jeu vidéo ne rend pas violent »
, rappelle le représentant en France des éditeurs de jeux vidéo.
Le soupçon n’est pas nouveau. Dès les années 90, le rôle des jeux vidéo était pointé du doigt dans certains faits divers, et des associations comme Famille de France tentaient de faire interdire certains titres jugés trop violents. Mais la fusillade de Columbine aux États-Unis en 1999, où deux élèves amateurs de gaming ont tué plus d’une dizaine de leurs camarades et un professeur, a réellement lancé le débat de leur influence sur les comportements violents. Si de nombreuses études se sont penchées sur le sujet ces dernières années, aucun lien n’a été démontré scientifiquement.












