Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a exhorté les États-Unis à « cesser le chantage » pour obtenir un contrôle direct sur le territoire du Groenland sous juridiction du Danemark, dans une interview diffusée ce samedi 10 janvier par plusieurs médias européens, dont le quotidien français Ouest-France.
Jean-Noël Barrot affirme « ne pas croire » à une intervention militaire américaine pour s’emparer du Groenland, comme le président Donald Trump en a évoqué la possibilité, ajoutant que « rien ne saurait le justifier ».
« Le Groenland est un territoire européen, placé sous la protection de l’Otan (…) J’ajoute que les Européens disposent de moyens très puissants pour défendre leurs intérêts. Ce chantage doit cesser », poursuit Jean-Noël Barrot, dans cet entretien publié par Ouest-France et par les médias allemands Funke et polonais Gazeta Wyborcza.
« Nous voulons être danois »
Donald Trump est revenu sur le sujet ce vendredi 9 janvier, assurant que la Russie ou la Chine comptaient « occuper le Groenland ». « C’est ce qu’ils vont faire, si on ne le fait pas. Donc on va faire quelque chose avec le Groenland, soit avec la manière douce, soit avec la manière forte », a assuré le président américain.
« Nous ne voulons pas être américains, nous ne voulons pas être danois, nous voulons être groenlandais », ont répliqué les dirigeants des cinq partis groenlandais représentés au Parlement local dans une déclaration commune, estimant que « l’avenir du Groenland doit être décidé par le peuple groenlandais ».
Colonie danoise jusqu’en 1953, le Groenland, riche en ressources minières et devenu une route maritime stratégique avec la fonte des glaces dans l’Arctique, a gagné son autonomie 26 ans plus tard.
Depuis 1951, il existe un accord de défense entre les États-Unis et le Danemark et le Groenland qui donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, si elles préviennent en amont les autorités locales.
Article original publié sur BFMTV.com











