- Les missions de Santé publique France vont subir un « recentrage stratégique », indique le gouvernement ce vendredi.
- La gestion des stocks et les campagnes de communication sont transférées au ministère de la Santé.
- De quoi susciter des craintes d’une reprise en main politique.
Une décision qui ne fait pas l’unanimité. Le gouvernement a décidé d’un « recentrage stratégique »
de Santé publique France (SpF), dont plusieurs missions, comme la réalisation de campagnes de communication, vont être transférées au ministère de la Santé, a indiqué ce vendredi 30 janvier le cabinet de Stéphanie Rist (nouvelle fenêtre), confirmant des informations de France Inter (nouvelle fenêtre).
« Un recentrage stratégique a été décidé, avec deux évolutions principales »
: « la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire sera dorénavant sous l’autorité hiérarchique directe du ministre de la Santé »
, tandis que les « campagnes nationales de communication en santé publique »
seront « transférées au ministère de la Santé et à la Caisse nationale d’assurance maladie »
, a-t-on précisé de même source.
Une « meilleure efficacité » plutôt que « des économies »
Selon la radio publique, cette réforme a été décidée lors d’une réunion interministérielle, validée par le Premier ministre et annoncée jeudi aux personnels par la directrice générale de SpF, Caroline Semaille. Sur la gestion des stocks et de la réserve sanitaire, l’objectif est de « raccourcir la chaîne de commandement, d’unifier les dispositifs existants et de renforcer la capacité de décision, en particulier en période de crise »
, a précisé le ministère à l’AFP, invoquant des « fonctions régaliennes de préparation et de réponse aux crises sanitaires »
.
Le transfert des campagnes de communication, lui, vise à « offrir aux citoyens des messages plus clairs »
, car une « multiplication des porteurs de campagnes »
a « pu brouiller la lisibilité de la parole publique en santé »
, a ajouté le cabinet de Stéphanie Rist. Il assure viser « une meilleure efficacité »
et non des « économies »
.
L’annonce de la restructuration a suscité des inquiétudes sur une reprise en main politique. Évoquant « un risque majeur de censure »
sur des campagnes pourtant essentielles (tabac, alcool, drogues, pollution, santé sexuelle), Henrik Dravi, député écologiste et administrateur de SpF, craint que « cette ingérence politique dans les campagnes de prévention affaiblisse l’indépendance scientifique »
. Emmanuelle Béguinot, directrice de l’association anti-tabac CNCT, pointe elle aussi « un risque »
pour « la prévention du tabagisme ou de l’alcool »
, qui doit s’appuyer sur des « données scientifiques rigoureuses et indépendantes »
et « une communication totalement indépendante des lobbies »
.













