Quand l’ordre mondial chavire, le monde politique français révèle ses lignes de fractures. L’opération militaire de l’administration Trump au Venezuela, soldée par l’enlèvement de son ex-président Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, samedi 3 janvier, précipite les partis mais aussi le sommet de l’Etat vers un nouveau clivage autour de la défense du droit international et du multilatéralisme.
Quelques heures après l’intervention des forces spéciales américaines à Caracas, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron avait exprimé sur X son soutien à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien », « débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro ». Pas de mention du non-respect du droit international ou de condamnation formelle de la méthode brutale employée par l’administration Trump. Satisfait, Donald Trump a même repartagé son message sur son compte Truth social.
Ces omissions du président n’ont pas échappé à la gauche et à une partie des élus macronistes, révulsées par cette rupture apparente avec la tradition diplomatique française, exprimée par Jean-Noël Barrot avant la sortie du président. A moins que ces expressions coordonnées évitant toute critique frontale de Donald Trump ne poursuivent un autre objectif. « On a peur que Trump soit encore pire sur l’Ukraine qu’il ne l’est déjà. Et donc pour éviter ça, on n’ose plus le contrarier sur rien d’autre », interprète la députée européenne Renew Nathalie Loiseau, alors qu’une nouvelle conférence des pays de la coalition des volontaires en soutien à l’Ukraine se tient le mardi 6 janvier à l’Elysée.
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