Si l’accumulation de sargasses (algues brunes de la famille des Sargassaceae) dans la mer du même nom est connue depuis des siècles, comme en atteste notamment le journal de bord de Christophe Colomb, leur premier épisode d’échouement massif sur les côtes des Antilles françaises date de 2011. Depuis, bien que des variations interannuelles aient été observées, ce phénomène s’est installé jusqu’à atteindre une ampleur encore inégalée en 2025. D’origine multifactorielle et aux conséquences aussi variées que néfastes, l’échouement massif de ces algues pélagiques (Sargassum fluitans et Sargassum natans) sur les côtes antillaises met le droit applicable à l’épreuve.
Cet article est tiré du « Bilan du Monde, édition 2026 », janvier-mars 2026, en vente en kiosque ou par Internet sur le site de notre boutique.
Les causes du phénomène sont l’objet de nombreux travaux scientifiques nationaux et internationaux. Ils montrent le rôle cumulé d’une part des apports en nutriments charriés par les grands fleuves équatoriaux (Amazone, Orénoque, Congo), ou déposés par les brumes de sable, et d’autre part des changements climatiques, qui stimulent la prolifération algale par le réchauffement des eaux et modifient les courants marins, conduisant désormais les algues sur les côtes antillaises. Cette origine multiple, diffuse et transnationale ne facilite pas la réaction des pouvoirs publics, pourtant requise tant sont nombreux et délétères les inconvénients liés aux échouements.
Si les radeaux de sargasses flottant en mer ne présentent aucun danger et sont même considérés comme un habitat d’une grande richesse écologique, ils produisent, une fois échoués sur le littoral où les algues se décomposent, des inconvénients sanitaires, environnementaux et économiques. Ainsi, outre les dangers que peuvent présenter les radeaux de sargasses pour la baignade et les activités nautiques et de loisirs, la décomposition des algues dégage des gaz (principalement l’hydrogène sulfuré [H2S] et l’ammoniac anhydre [NH3]) extrêmement nauséabonds et susceptibles de devenir toxiques, voire mortels au-delà d’une certaine concentration et d’une certaine durée d’exposition. Les populations exposées souffrent en particulier d’irritations oculaires et respiratoires, et de troubles neurologiques (céphalées, nausées…).
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