Le juge fédéral américain Patrick Schiltz a ordonné, lundi 26 janvier, au responsable de la police de l’immigration américaine (ICE), Todd Lyons, de comparaître devant lui vendredi, afin d’expliquer pourquoi il ne devrait pas être reconnu coupable d’outrage au tribunal, après avoir enfreint des ordonnances judiciaires lui demandant d’organiser des audiences pour les immigrés détenus, rapportent l’agence de presse américaine Associated Press (AP) et The New York Times.
« Ce tribunal a fait preuve d’une patience exemplaire envers les défendeurs, bien que ces derniers aient décidé d’envoyer des milliers d’agents au Minnesota pour détenir des étrangers sans prévoir comment traiter les centaines de requêtes d’habeas corpus et autres poursuites qui ne manqueraient pas d’en découler », écrit le juge. « La patience du tribunal a atteint ses limites », conclut-il.
The New York Times rappelle que plusieurs cours fédérales de l’Etat du Minnesota font face à un déluge de recours judiciaires de la part d’immigrés « pris dans les filets de l’administration ». « Certains immigrés ont tenté d’éviter d’être transférés hors de l’Etat par des agents fédéraux, tandis que d’autres se sont plaints d’avoir été envoyés dans des endroits comme le Texas, et ont ensuite dû trouver d’eux-mêmes un moyen de rentrer chez eux », poursuit le quotidien américain.
« Extraordinaire »
Le juge fédéral Patrick Schiltz, nommé par l’ancien président George W. Bush, reconnaît que cette demande de comparution est « une démarche extraordinaire », mais qu’elle est rendue nécessaire par « l’étendue des violations des ordonnances de la part de l’ICE, qui est, elle aussi, extraordinaire ».
Todd Lyons pourra échapper à une telle apparition devant le tribunal si l’ICE relâche rapidement un immigré équatorien, au cœur de cette affaire, qui, selon Patrick Schiltz, est détenu par erreur.
Selon The New York Times, ce juge, qui a travaillé avec l’ancien juge ultraconservateur de la Cour suprême Antonin Scalia, « est un critique inattendu de la Maison Blanche », mais « c’est la deuxième fois en moins d’une semaine » qu’il s’en prend à l’administration Trump.
AP rappelle que cette exigence survient peu après que Donald Trump a annoncé avoir dépêché Thom Homan, son conseiller spécial chargé de l’immigration, à Minneapolis. Le maire démocrate de Minneapolis a également fait savoir que certains des agents fédéraux déployés dans la ville par le président américain s’en iraient à partir de mardi.













