Pour la première fois, des chercheurs se sont intéressés non pas à la survie des moustiques tigres (Aedes albopictus) en Europe, lesquels se sont implantés sur le continent dans les dernières décennies, mais à l’incubation du virus chikungunya à l’intérieur de ces mêmes moustiques. Plus précisément, ils se sont demandé à partir de quelle température le virus était capable de faire son incubation dans un moustique tigre. “L’étude montre que la température minimale à laquelle des infections peuvent se produire est plus basse de 2,5 °C par rapport à des estimations plus anciennes et moins robustes”, indique The Guardian.
Pour les chercheurs, dont les travaux viennent de paraître dans Journal of the Royal Society Interface, il s’agit d’une différence “assez terrifiante”. De fait, il y a un risque de flambée épidémique de chikungunya, une maladie tropicale se manifestant par de la fièvre et de fortes douleurs articulaires qui peuvent durer plusieurs années, dans davantage de localisations et sur des périodes plus longues que ce que l’on pensait auparavant.
Moustiques invasifs et réchauffement climatique
Invité à commenter les résultats, Steven White, l’un des auteurs et chercheur au UK Centre for Ecology and Hydrology, rappelle :
“Il y a vingt ans, si vous disiez qu’il y aurait un jour le chikungunya et la dengue en Europe, tout le monde vous aurait répondu que vous étiez fou, car c’étaient des maladies tropicales.”
“Mais aujourd’hui tout a changé”, lâche-t-il au journal britannique. La faute à l’introduction de moustiques invasifs et au réchauffement climatique, lequel permet la survie des insectes et l’incubation des virus.
La température minimale d’incubation pour le virus chikungunya, et donc de transmission, serait comprise entre 13 et 14 °C, contre 16 à 18 °C dans les précédentes estimations. Aussi, la menace d’être touché par le chikungunya devient possible “plus de six mois par an en Espagne, au Portugal, en Italie et en Grèce, de trois à cinq mois en Belgique, France, Allemagne, Suisse et dans une douzaine d’autres pays européens”, liste le Guardian.
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