L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Faut-il renoncer à sa curiosité pour le vivant ? Dans le passionnant podcast diffusé sur France Culture, « Le Monde après le spécisme », qui tente d’imaginer des sociétés débarrassées de l’oppression des animaux, le philosophe canadien Will Kymlicka invite les hommes à s’interroger sur leur « désir insatiable » de « les voir, les toucher, les connaître, les découvrir ». Si le photographe et réalisateur Vincent Munier a bâti sa carrière sur cette observation de ce qui nous entoure, on sent dans Le Chant des forêts, qui fait suite à La Panthère des neiges (2021), coréalisé avec Marie Amiguet, la dimension profondément éthique de sa démarche. Cette volonté notamment d’interférer le moins possible dans la vie des animaux, de se rendre invisible.
La première qualité mise en avant dans le film n’est d’ailleurs pas le regard mais l’écoute. Dans la forêt, on entend plus qu’on ne voit. Une grande attention est portée au chant des oiseaux, aux sons qu’ils produisent. Le film comporte très peu de voix off. Il redonne toute sa place au langage de la nature, seulement ponctué par moments par la belle partition de piano et violon composée par le multi-instrumentiste Warren Ellis, déjà à l’œuvre pour La Panthère de neiges.
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