Le canal de Panama va réduire son trafic dès septembre face à la baisse des précipitations causée par le phénomène climatique El Niño, auquel la plupart des modèles prédisent une ampleur exceptionnelle.
El Niño est un phénomène naturel temporaire, renforcé par le réchauffement climatique d’origine humaine, qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, entraînant pendant des mois des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale.
L’épisode de cette année pourrait être le plus fort jamais enregistré, et menace de provoquer des conditions climatiques extrêmes sur le globe.
D’ores et déjà, « des précipitations inférieures aux prévisions dans le bassin hydrographique du canal » de Panama ont été observées, d’après un communiqué publié jeudi par l’organisme public autonome exploitant cette voie reliant l’Atlantique au Pacifique.
Le canal fonctionne grâce à l’eau de pluie stockée dans les lacs artificiels de Gatun et d’Alhajuela. Leur niveau a baissé en raison des « effets néfastes du phénomène El Niño », a expliqué l’Autorité du canal de Panama (ACP).
En conséquence, « des mesures supplémentaires sont nécessaires pour soutenir la durabilité à long terme » des opérations, a-t-elle annoncé.
A partir du 3 septembre, le nombre de passages quotidiens sera réduit de 36 à 34 navires, puis à 32 à compter du 15 septembre.
– Mise en garde –
Environ 5% du commerce maritime mondial transite par ce canal long de 80 kilomètres, qui compte parmi ses principaux utilisateurs les Etats-Unis, la Chine, le Japon, le Chili et la Corée du Sud.
D’après l’ACP, les précipitations cumulées dans le bassin du canal entre mai et août ont été inférieures de 34% à la moyenne historique. Et le volume d’eau entrant dans le bassin a été inférieur de 44% à la normale, de même source.
Et l’ACP met en garde, dans une lettre aux compagnies maritimes: les prévisions indiquent que la « gravité » attendue d’El Niño pour les prochains mois et 2027 « pourrait encore réduire davantage les précipitations ».
L’autorité n’exclut donc pas de prendre des mesures supplémentaires: « étant donné que les conditions météorologiques évoluent plus rapidement que prévu initialement, le canal de Panama mettra tout en oeuvre pour annoncer tout ajustement futur le plus à l’avance possible ».
En 2023, déjà, El Niño avait obligé l’autorité gestionnaire à réduire de 38 à 22 le nombre de transits quotidiens, les lacs atteignant des niveaux très bas.

