Le Cambodge a annoncé jeudi la liquidation d’une banque fondée par le magnat d’origine chinoise Chen Zhi, accusé de superviser des centres de travail forcé pour des cyberarnaques et extradé la veille vers la Chine.
La banque Prince a été « placée en liquidation » et n’est « désormais plus autorisée à fournir de nouveaux services bancaires », a indiqué la Banque centrale cambodgienne.
Ses clients peuvent tout de même « retirer leur argent normalement en préparant les documents nécessaires » et ceux ayant souscrit des emprunts sont toujours tenus de les rembourser, a précisé l’institution.
Un journaliste de l’AFP n’a constaté aucune file d’attente inhabituelle jeudi à Phnom Penh, la capitale, devant plusieurs des 36 agences Prince du pays.
Selon son site Internet, la banque gère environ un milliard de dollars d’actifs.
Elle appartient au Prince Holding Group, l’un des plus gros conglomérats cambodgiens, accusé par les Etats-Unis de servir de paravent à « l’une des plus grandes organisations criminelles transnationales d’Asie ».
– « Pressions croissantes » –
Les autorités cambodgiennes ont annoncé mercredi soir l’arrestation et l’extradition vers la Chine de trois ressortissants d’origine chinoise, dont Chen Zhi.
Une extradition confirmée jeudi par le ministère chinois de la Sécurité publique, qui a salué une « succès très important de la coopération Chine-Cambodge ».
Les autorités chinoises vont bientôt émettre des mandats d’arrêt contre « le premier cercle du réseau criminel de Chen Zhi » et « arrêteront les fugitifs afin de les traduire en justice », a-t-il ajouté.
Pékin a déjà prononcé des peines de mort dans des affaires de cyberescroquerie, notamment l’an dernier à l’encontre d’une douzaine de personnes opérant en Birmanie.
« Cette arrestation survient après des mois de pressions croissantes contre le gouvernement cambodgien, accusé de continuer à abriter et à soutenir une figure criminelle », a déclaré à l’AFP Jacob Sims, expert en criminalité transnationale.
Il n’y voit qu’une goutte d’eau dans la lutte contre la cybercriminalité au Cambodge, « à moins que le même type de pressions » ne soit appliqué pour « d’autres barons de l’arnaque » et « les oligarques cambodgiens (corrompus) ».
Des responsables cambodgiens ont nié toute implication du gouvernement dans les réseaux d’escroquerie — un secteur pesant plusieurs milliards de dollars — et affirmé que les autorités faisaient leur possible pour les démanteler.










