- Selon l’enquête annuelle du syndicat étudiant Unef, le budget mensuel d’un étudiant atteint désormais 1.300 euros.
- Un niveau qui dépasse pour la première fois le seuil de pauvreté en France.
- Derrière ce chiffre, les hausses les plus marquantes se concentrent sur le logement, les transports et l’alimentation.
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Rentrée scolaire 2026
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Le coût de la vie étudiante va encore augmenter cette année, selon l’Unef. En additionnant l’ensemble des postes et en défalquant les aides (bourses, APL), le syndicat étudiant calcule un reste à charge mensuel moyen de 1.300 euros, en hausse de 1,66% sur un an (soit +74 euros par rapport à 2025). Un niveau qui dépasse pour la première fois le seuil de pauvreté en France. Dans son enquête annuelle, l’Unef relève également qu’étudier coûte deux fois plus cher pour les étudiants étrangers extracommunautaires, puisque le reste à charge mensuel grimpe jusqu’à 2.160 euros. L’étude pointe par ailleurs que les étudiants des outre-mer déboursent entre 314 et 408 euros de plus par an que les étudiants de l’Hexagone.
Le logement, premier poste de dépense
L’Unef explique cette augmentation du coût de la vie étudiante, notamment par la hausse du prix des loyers. Dans le parc privé, ils s’établissent en moyenne à 627,11 euros par mois, soit une hausse de 2,87% sur un an. Un montant qui grimpe à 857 euros en Île-de-France. Les logements du Crous, censés offrir une alternative plus abordable, sont également concernés, avec un loyer moyen de 426,36 euros, en augmentation de 1,04%, mais seuls 5,82% des étudiants y ont accès, faute de places suffisantes.
Pire, l’association de défense des consommateurs « Que Choisir Ensemble » a étudié, entre avril et mai, environ 125 annonces (50 à Paris et 15 dans les autres villes) de studios mesurant jusqu’à 18 m², souvent loués par des étudiants, sur les sites SeLoger, LeBonCoin, De Particulier à particulier et Gens de confiance. Elle en a conclu, début juillet, que dans six villes et agglomérations où l’encadrement des loyers est en vigueur – Grenoble, Lyon, Montpellier, Lille, Bordeaux et Paris – 95% des annonces dépassent les plafonds autorisés de 234 euros par mois en moyenne, et jusqu’à 382 euros à Paris.
Hausse du prix du pass Navigo
Le deuxième poste de dépense concerne les transports. L’offre étudiante pour le Pass Navigo pour l’Île-de-France va ainsi passer de 392,30 euros à 401,30 euros pour l’année scolaire 2026-2027. Plus généralement, selon l’Unef, le coût annuel des transports s’élève à 254,14 euros pour les boursiers et 278,59 euros (+2,29%) pour les non-boursiers en moyenne nationale. Mais ces montants masquent de fortes disparités : dans les grandes villes, la facture peut par exemple dépasser 340 euros par an, contre environ 190 euros en province pour les boursiers.
Plus de la moitié des étudiants déclarent sauter des repas
Enfin, l’inflation des produits alimentaires (+ 0,87% sur un an) joue aussi sur le porte-monnaie des étudiants. Avec des écarts selon les produits (+6,08% pour la viande, +5,34% pour le poisson sur l’année). Le syndicat rapporte que plus de la moitié des étudiants déclarent sauter des repas pour des raisons financières. Seule bonne nouvelle, le repas Crous à 1 euro, étendu à tous les étudiants depuis mai 2026, reste le repas complet le moins cher de France.
Plus inattendu : les forfaits mobiles avaient baissé de 16,6% sur dix ans. Mais selon le baromètre des prix Ariase, le prix moyen d’un forfait mobile (voix/SMS et 20 Go ou plus) s’établit à 12,68 euros par mois en août 2026, affichant une forte hausse d’environ +13,4% à +47% sur un an.
Quant aux frais d’inscription à l’université, ils n’augmentent en moyenne que de 0,1% cette année. Mais depuis 2017, la hausse est de 37%, notamment à cause de la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) obligatoire, passée de 90 euros à sa création en 2018 à 105 euros à la prochaine rentrée, indique l’Unef. Dans le privé, l’inflation est en revanche souvent très forte sur les droits d’inscription. Depuis 2011, les frais de scolarité des écoles de commerce les plus cotées ont par exemple augmenté de 50 à 100%, selon les calculs du site Mister Prépa, géré par des étudiants.
De son côté, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace a au contraire défendu mi-août « un investissement constant au service de l’accompagnement des étudiants »
, avec « 2,46 milliards d’euros pour les aides sociales ».



