En Ile-de-France, il y a la galerie Gagosian « classique », rue de Ponthieu, à Paris ; la « XXL », au Bourget (Seine-Saint-Denis) ; et la « miniature », sous les arches qui mènent à la place Vendôme. Cette dernière recèle un petit bijou d’exposition qui se découvre du trottoir, à travers ses quatre vitrines, derrière lesquelles le réalisateur Wes Anderson a recréé l’atelier de Joseph Cornell (1903-1972).
Au sous-sol de la maison familiale d’Utopia Parkway, dans le Queens, l’artiste et cinéaste expérimental new-yorkais rassemblait, entouré de boîtes à chaussures blanchies et dûment classifiées à l’encre noire, des objets récoltés dans les librairies et chez les antiquaires de Manhattan : estampes, plumes, cartes, jouets ou coquillages. C’est là qu’il puisait la matière première de ses assemblages surréalistes qui ont influencé plusieurs générations d’artistes, de Yayoi Kusama (qui fut sa compagne) à Robert Rauschenberg (1925-2008) ou Andy Warhol (1928-1987).
De la reconstitution de l’escalier en bois à l’imitation de l’écriture de Cornell, on reconnaît le sens du détail nostalgique du réalisateur de Moonrise Kingdom (2012). Une petite dizaine de ces petits cabinets, poèmes visuels aux airs de reliquaires, sont exposés. Parmi eux, Pharmacy (1943) s’inspire des anciennes étagères d’apothicaire. Si elle fut la propriété de Marcel Duchamp (1887-1968) – qui la gardait dans sa chambre, précise le commissaire de l’exposition, Jasper Sharp –, on pense aussi à l’œuvre du même nom par Damien Hirst.
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