Nestlé, accusé d’avoir tardé à rappeler du lait infantile après avoir identifié la présence de toxine dans ses produits, a reconnu avoir attendu une analyse des risques pour la santé avant d’alerter les autorités néerlandaises, puis européennes. Selon les informations du Monde, publiées vendredi 30 janvier, la présence d’une toxine dans des produits de Nestlé avait été identifiée dix jours avant les premiers rappels, dès la fin de novembre.
Comme nous l’expliquions dans notre article, l’industriel a attendu une « analyse de risque de santé » avant d’informer les autorités néerlandaises, puis européennes, de la présence de céréulide dans ses laits infantiles produits aux Pays-Bas.
Cette chronologie est reconnue par Nestlé qui évoque, dans un communiqué, de « très faibles niveaux » de toxine détectés fin novembre et rappelle l’absence « de réglementation fixant une limite maximale pour la céréulide ». « Nous avons néanmoins agi rapidement en retirant les produits ne répondant pas à nos exigences de qualité », ajoute le groupe.
Cette toxine, produite par certaines bactéries Bacillus cereus, est susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements.
Rappel de 25 lots dans 16 pays européens
« A la fin du mois de novembre 2025, à la suite de contrôles de routine (…) dans notre usine aux Pays-Bas, nous avons détecté de très faibles niveaux de céréulide dans des échantillons de produits », rapporte Nestlé, qui assure avoir à ce moment-là « immédiatement bloqué la production » et lancé « des analyses plus approfondies en laboratoire ». « Les résultats reçus début décembre 2025 ont confirmé la présence d’infimes quantités de céréulide dans les produits toujours sous notre contrôle », c’est-à-dire pas encore distribués.
« Nous avons demandé à nos experts de faire une analyse de risque de santé − c’est-à-dire comprendre les symptômes et conséquences liés à la consommation de produits qui en contiennent pour la partager avec les autorités compétentes », a précisé une porte-parole du géant de l’agroalimentaire l’Agence France-Presse.
Nestlé reconnaît avoir attendu le 10 décembre 2025, pour informer les autorités « aux Pays-Bas ainsi que celles de tous les pays potentiellement concernés, ainsi que la Commission Européenne » et pour commencer un rappel « par précaution » de « tous les produits fabriqués depuis l’installation de l’équipement dans notre usine aux Pays-Bas », à savoir 25 lots dans 16 pays européens. Depuis le début de l’affaire, Nestlé assure que le vaste rappel de laits infantiles de la marque sont liés à un « problème de qualité », et affirme à cette heure n’avoir reçu aucune preuve de lien entre une maladie et ses produits.











