- Le gouvernement afghan a accusé le Pakistan d’avoir frappé Kaboul lundi soir, touchant « un centre de traitement pour toxicomanes » et tuant de nombreux civils.
- Islamabad affirme de son côté avoir touché des cibles « militaires et terroristes ».
- Au moins trois personnes sont mortes selon l’ONG Emergency, alors que le ministère de la Santé s’attend à un bilan bien plus lourd.
L’Afghanistan a accusé le Pakistan d’avoir frappé Kaboul lundi 16 février, tuant de nombreux civils dans un « centre de traitement pour toxicomanes »
. Des journalistes de l’AFP indiquent avoir vu plusieurs morts et blessés au milieu des décombres après avoir entendu de puissantes explosions vers 21h. Islamabad confirme les attaques mais affirme pour sa part avoir touché des cibles « militaires et terroristes »
.
« Le régime pakistanais a une nouvelle fois violé l’espace aérien afghan, visant un centre de traitement contre les addictions à Kaboul, tuant et blessant de nombreux civils, pour la plupart des toxicomanes suivant un traitement »
, a déclaré sur X le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid. « Nous condamnons ce crime et le qualifions d’acte inhumain violant tous les principes »
, a-t-il ajouté, sans donner de bilan précis.
Au moins trois corps ont été reçus à l’hôpital de l’ONG italienne Emergency dans la capitale afghane, et 27 blessés y sont traités, a de son côté déclaré à l’AFP son directeur en Afghanistan, Dejan Panic, sans exclure que le bilan ne soit plus lourd.
Selon des « rapports préliminaires, le bilan pourrait se monter à 200 morts et plus de 200 blessés »
, a indiqué le ministère de la Santé afghan à l’AFP. Mais « il n’est pas possible de donner un chiffre exact à ce stade »
, a ajouté son porte-parole, Sharafat Zaman, alors qu’un total de 3.000 patients étaient traités dans le centre.
Le Pakistan frappe ses cibles précisément et s’assure qu’il n’y a pas de dommage collatéral
Le Pakistan frappe ses cibles précisément et s’assure qu’il n’y a pas de dommage collatéral
Le ministère de l’Information pakistanais
Les autorités pakistanaises ont de leur côté affirmé « avoir visé précisément des installations militaires et des infrastructures de soutien aux terroristes dont un dépôt de munitions et d’équipement technique »
à Kaboul et dans la province orientale de Nangarhar, « qui étaient utilisés contre des civils pakistanais »
. « Le Pakistan frappe ses cibles précisément et s’assure qu’il n’y a pas de dommage collatéral »
, a ajouté le ministère de l’Information à Islamabad.
Les deux États sont en conflit depuis des mois, Islamabad accusant son voisin d’accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières sur le sol pakistanais. Ce que les autorités afghanes démentent.
Après une escalade en octobre qui avait fait des dizaines de morts, les affrontements s’étaient calmés sans jamais s’arrêter. Mais ils ont repris avec intensité le 26 février après des frappes pakistanaises, Islamabad parlant de « guerre ouverte »
le 27 février et frappant Kaboul dans la foulée.
Depuis l’intensification des affrontements, la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) a confirmé vendredi que 75 civils avaient été tués en Afghanistan.











