L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Il fut, au XXe siècle, l’un des plus exacts écrivains français de l’image. Jean Louis Schefer (1938-2022) est allé et venu entre l’art pariétal, préhistorique, les mythes antiques, les chausse-trappes fondamentales de la théologie chrétienne, les films, ainsi qu’il l’a raconté dans le livre L’Homme ordinaire du cinéma (Gallimard/Cahiers du cinéma, 1980), en passant par toutes les strates intermédiaires. Ni critique ni universitaire, élève de Roland Barthes mais resté à la marge, ce qui n’empêche en rien l’extrême érudition et ses courts-circuits foudroyants : sa grande affaire était de chercher l’exact lieu de naissance des images. Il aura eu cette étrange passion de chercher à les transmuer en mots, non pour leur clouer le bec, mais pour vivre avec elles, parler et nager en leur sein.
C’était Jean Louis Schefer, qui choisit vite de signer ses textes en éludant le trait d’union de Jean-Louis, peut-être pour marquer le précipice au bord duquel il s’aventurait, sans trait d’union. Il parle beaucoup d’enfers anciens, de fantômes, de vampires. D’oracles et de mystères, surtout.
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