Éric (nom d’emprunt, NDLR) a fui le Burundi après avoir été torturé en prison pour s’être opposé à la milice locale des Imbonerakure. « Dans le service de renseignements j’ai été incarcéré pendant trois semaines. J’ai subi des tortures physiques et les tortures sexuelles », témoigne-t-il.
Réfugié depuis 2022 en Suisse, où la justice l’a débouté de sa demande d’asile, Éric risque l’expulsion à tout moment.
« Depuis ce jour, je vis dans une situation d’aide d’urgence, j’arrive pas à bien dormir, je prends des médicaments pour le stress, poursuit-il. Quand j’imagine que je peux être renvoyé au Burundi avec tout le sort que j’ai subi, c’est vraiment compliqué pour moi. »
Fuir le pays, un acte de déloyauté pour le régme burundais
Emma Lidén est avocate spécialisée en droits humains à Genève. Elle a porté le dossier d’Éric auprès du rapporteur spécial de l’ONU. « Le secrétariat d’État aux migrations doit renouveler son appréciation de la situation au regard des droits humains au Burundi. Les autorités sont tenues d’évaluer chaque situation de manière individualisée et actualisée », explique-t-elle.
Les autorités suisses évaluent le risque sécuritaire et accordent le statut de réfugié en fonction du profil militant des demandeurs d’asile. Le rapporteur spécial de l’ONU souligne, dans son rapport, que le simple fait d’avoir fui le pays constitue pour les autorités burundaises un acte de déloyauté envers le régime. Rendant tout retour risqué.
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