Avec notre correspondante régionale, Gaëlle Laleix
La Somalie met un terme à toute collaboration avec les Émirats arabes unis. La décision a été annoncée, lundi 12 janvier, par le Conseil des ministres. Cette rupture concerne aussi bien des projets économiques, que la coopération en matière de défense. Elle intervient après qu’un séparatiste du Yémen, a été exfiltré vers les Émirats arabes unis, en passant par la Somalie.
L’agence somalienne de l’immigration avait promis une enquête, la semaine passée, après qu’une coalition yéménite loyaliste, a dénoncé l’exfiltration d’Aidarous al-Zoubaidi, chef du Conseil de transition du Sud du Yémen, pays en proie à une guerre civile depuis 2014. Ce séparatiste aurait quitté le Yémen par bateau, pour rejoindre le Somaliland, puis embarquer dans un avion à Mogadiscio, direction Abou Dabi, à l’insu des autorités somaliennes. Une opération que Mogadiscio qualifie « d’actions hostiles ».
« Aucune autorité »
La Somalie suspend toute coopération avec les Émirats, notamment « les partenariats qui concernent la gestion des ports de Berbera [au Somaliland], Bosaso [au Puntland] et Kismayo [au Jubaaland] ».
Les trois sont gérés par Dubaï Port World, troisième exploitant portuaire mondial. À Berbera notamment, le géant émirien s’est lancé dans un plan de développement pour un investissement de plus de 440 millions de dollars.
Depuis sa reconnaissance par Israël, fin décembre, le torchon brûle entre le Somaliland et la Somalie.
Dans trois communiqués distincts, Somaliland, Puntland et Jubaaland, ont rappelé que le gouvernement fédéral de Mogadiscio n’a « aucune autorité » pour annuler des accords passés avec les Émirats arabe unis.
À écouter aussiGrand reportage – Somaliland : une quête pour la reconnaissance
Situé au nord-ouest de la Somalie, le Somaliland représente plus d’un quart du territoire somalien. Quant au Puntland et au Jubaland, ils ont des relations complexes avec le gouvernement fédéral.












