Le totem des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) s’effrite à nouveau. Après un premier repli de 3 % en 2024, les dividendes de ces fonds immobiliers qui étaient appréciés par les épargnants pour leurs revenus réguliers ont de nouveau reculé en 2025.
Le dernier bilan de l’Aspim, l’Association française des sociétés de placement immobilier, qui regroupe les sociétés de gestion immobilière, relève que la moitié des SCPI ont réduit leurs dividendes l’année dernière de 10 % en moyenne. Une situation qui s’aggrave puisque seuls 43 % des véhicules les avaient diminués l’année d’avant.
Principal argument commercial de leurs gérants, la distribution des SCPI avait bien résisté à la crise immobilière dans laquelle elles sont plongées depuis mi-2023. La remontée des taux d’intérêt a fortement impacté la valeur de leurs parcs immobiliers et provoqué des baisses des prix de souscription en plusieurs vagues. Les sociétés de gestion immobilière ont beaucoup relativisé ces corrections, arguant que la distribution des fonds se maintenait. Il leur faudra désormais trouver d’autres arguments.
La collecte se redresse mais l’illiquidité se propage
Outre les dividendes, la performance globale annuelle (PGA), nouvel indicateur intégrant l’effet de l’évolution des prix de parts sur le taux de distribution, ressort légèrement positive (+ 1,46 %). Les fonds spécialisés sur le résidentiel et ceux sur la santé et l’éducation sont, eux, carrément dans le rouge (respectivement – 4,5 % et – 1,3 %).
Avec 4,6 milliards d’euros, la collecte nette des SCPI s’est redressée de près de 30 % en 2025 par rapport à 2024. Ce niveau traduit une nette amélioration mais reste deux fois moins élevé qu’au pic de 2022 (10,2 milliards d’euros).
D’autant que le stock de parts en attente de retrait a encore augmenté : 2,8 milliards d’euros doivent encore être rendus aux épargnants contre 2,4 milliards d’euros fin 2024. Pire, l’illiquidité se propage. Alors qu’en 2024, dix SCPI concentraient un peu moins de 67 % des volumes en attente de retrait, quinze concentrent à présent 75 % des parts bloquées.
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