Abeilles, vers de terre, oiseaux… Des dizaines d’études ont montré que les pesticides pouvaient avoir des conséquences délétères sur un large éventail d’espèces. Il n’empêche, comprendre et mesurer l’impact précis de l’usage des produits phytosanitaires sur la biodiversité demeure complexe. Une étude, publiée mercredi 14 janvier dans Proceedings of the Royal Society B, apporte de nouveaux éléments : elle révèle qu’en France l’avifaune est moins abondante dans les zones où les achats de pesticides sont plus élevés.
« Pour 84,4 % des espèces, la corrélation est négative : l’abondance est plus faible quand plus de pesticides sont vendus, résume Anne-Christine Monnet, première autrice et chercheuse au Centre d’écologie et des sciences de la conservation (Muséum national d’histoire naturelle/CNRS/Sorbonne université). Le signal est très fort. Beaucoup d’espèces sont concernées. » En France, la population des oiseaux des villes et des champs a décliné de près de 30 % en trente ans.
A la différence de précédents travaux, cette publication étudie les effets d’un grand nombre de substances (242) à l’échelle de la France métropolitaine, et non d’un ou plusieurs produits phytosanitaires en particulier. Elle s’intéresse à toutes les espèces d’oiseaux communs qui fréquentent les zones agricoles plutôt qu’aux seuls spécialistes de ces milieux. Enfin, elle tente de distinguer l’effet particulier des pesticides sur la biodiversité de celui d’autres facteurs liés à l’intensification de l’agriculture, telles la taille des parcelles ou la diversité du paysage.
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