En France, les seniors vivent de plus en plus longtemps en bonne santé, mais cette tendance semble se tasser un peu depuis quelques années. C’est l’un des enseignements d’une note diffusée, jeudi 22 janvier, par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), un service rattaché aux ministères sanitaires et sociaux ainsi qu’à Bercy. Les résultats captent l’attention car ils sont très souvent invoqués dans les débats induits par les réformes de retraite, lorsque celles-ci cherchent à maintenir en activité des travailleurs à un âge avancé.
En 2024, une femme de 65 ans pouvait espérer vivre encore 11,8 ans « sans incapacité » tandis que pour un homme, le chiffre était de 10,5 ans. Dans les deux cas, cet indicateur a progressé de 1 an et 9 mois depuis 2008. Il mesure le nombre d’années qu’une personne espère passer sans être limitée par une affection dans les gestes de la vie quotidienne. Les calculs reposent sur un questionnaire soumis à un échantillon de 22 000 ménages.
Trois facteurs sont susceptibles d’avoir contribué à cette évolution, précise la Drees. D’abord, on assiste à un « recul de l’âge à partir duquel apparaissent les maladies chroniques liées au vieillissement ». En outre, la prise en charge de ces pathologies s’améliore et les tracas qu’elles causent s’interrompent ou durent moins longtemps, dans un certain nombre de situations. Enfin, les intéressés évoluent dans un « environnement » mieux adapté (équipements spécifiques du domicile, présence humaine…), si bien que leurs problèmes de santé s’avèrent « moins limitants ».
Toutefois, la progression enregistrée depuis près de deux décennies paraît ralentir sur la période récente. L’essentiel de la hausse a, en effet, « eu lieu entre 2008 et 2019 », écrit la Drees. Depuis, l’espérance de vie sans incapacité a augmenté de 4 mois pour les femmes de 65 ans et d’1 mois, seulement, pour les hommes du même âge.
La France continue, cependant, de se situer dans le peloton de tête des Etats-membres de l’Union européenne. En 2023, cet indicateur était supérieur de 2 ans et 5 mois pour les femmes de 65 ans dans l’Hexagone, comparativement à la moyenne des Vingt-Sept. Pour les hommes de la même tranche d’âge, l’écart était moins net (1 an et 4 mois). Notre pays se classait au troisième rang pour l’espérance de vie sans incapacité des femmes de 65 ans et à la septième place, s’agissant des hommes du même âge.














