La France va suspendre l’importation de produits contenant des résidus de substances interdites en Europe, tels que le mancozèbe, le glufosinate, le thiophanate-méthyle et la carbendazime, a annoncé, dimanche 4 janvier, le premier ministre, Sébastien Lecornu. Un arrêté sera pris dans les prochains jours à l’initiative de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a-t-il précisé dans un message publié sur le réseau social X.
« Avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes d’Amérique du Sud ou d’ailleurs ne pourront plus entrer sur le territoire national », a ajouté le chef du gouvernement. « Des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires », a-t-il également indiqué.
Selon le premier ministre, il s’agit d’une « première étape pour protéger nos filières et nos consommateurs et lutter contre la concurrence déloyale, véritable enjeu de justice et d’équité pour nos agriculteurs ».
Ces annonces interviennent alors que les agriculteurs organisent depuis le mois de décembre 2025 des points de blocage et des manifestations pour exprimer leur mécontentement face à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine et à l’accord entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur.
Appel à la « désescalade »
Cet accord de libre-échange entre l’UE d’une part, le marché commun du Sud d’autre part (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), doit être signé officiellement, mais plusieurs Etats européens s’y opposent. La Commission européenne a tenté d’apaiser les agriculteurs en proposant des clauses de sauvegarde pour certains produits agricoles comme le bœuf.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé aux dirigeants des pays de l’UE, le 18 décembre, que la signature de cet accord avait été reportée au mois de janvier.
Dans un entretien à La Tribune Dimanche publié samedi, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a indiqué avoir « activé une mesure conservatoire applicable à la France et sur laquelle Bruxelles devra se prononcer ». Elle consiste à « suspendre l’importation de denrées d’Amérique du Sud qui contiennent des substances interdites en Europe ».
La ministre a par ailleurs de nouveau appelé à la « désescalade », alors que les syndicats agricoles, qui rencontreront le premier ministre en début de semaine, veulent relancer la mobilisation ; et elle a assuré vouloir défendre les intérêts de la France pour la prochaine politique agricole commune (PAC), le traité UE-Mercosur ou le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), autres sources d’inquiétude pour les organisations syndicales.














