Dix militants d’extrême droite se livrant notamment à des actions sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais contre des migrants qui souhaitaient rejoindre le Royaume-Uni ont été interdits de territoire, a annoncé, mercredi 14 janvier, le ministère de l’intérieur. L’attention des services du ministère a été appelée « à plusieurs reprises, et par différents acteurs, sur la présence d’activistes d’extrême droite », du mouvement Raise the Colours, se livrant à des actions de destruction de small boats, précise le ministère.
Ces actions sont « de nature à occasionner de graves troubles à l’ordre public », a-t-il justifié. Il explique avoir pris mardi en conséquence des mesures d’interdiction administrative du territoire à l’encontre de dix ressortissants britanniques, « identifiés comme militants au sein du mouvement ». « Dès lors, l’entrée et le séjour en France leur sont interdits », écrit-il.
La justice française avait ouvert une enquête préliminaire pour « violences aggravées » commises sur des migrants dans la nuit du 9 au 10 septembre à Grand-Fort-Philippe, près de Dunkerque, à la suite du signalement par une association.
Agression verbale et physique à Grand-Fort-Philippe
Dans la nuit du 9 au 10 septembre, quatre hommes arborant des drapeaux anglais et du Royaume-Uni ont agressé verbalement et physiquement un groupe de migrants à Grand-Fort-Philippe, en leur disant qu’ils n’étaient pas les bienvenus en Angleterre et en volant certaines de leurs affaires, avait rapporté à l’Agence France-Presse Félicie Penneron, coordinatrice d’Utopia 56 près de Dunkerque.
En 2025, 41 472 migrants ont réussi à traverser la Manche au départ de la France sur de petites embarcations pour rejoindre la Grande-Bretagne. Il s’agit du nombre le plus élevé après le record enregistré en 2022.
Un accord a été signé cet été entre les deux pays pour tenter de mettre fin aux traversées en small boats alors que le premier ministre britannique est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK. L’accord prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de petites embarcations au Royaume-Uni, en échange de l’accueil par le pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du « un pour un ».











