Pourquoi El Hacen Diarra est-il mort ? Dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 janvier, ce Mauritanien de 35 ans a été interpellé à côté de son foyer « Les Mûriers », dans le 20ᵉ arrondissement de Paris, avant de mourir une heure et demie plus tard, dans un couloir du commissariat du même arrondissement, 500 mètres plus loin.
Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête en recherche des causes de la mort, d’abord confié au commissariat du centre, avant d’être récupérée par l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Samedi 17 janvier, l’avocat Yassine Bouzrou a annoncé avoir déposé plainte, au nom de la famille, pour violences volontaires ayant entraîné la mort.
Ce mercredi soir, après la tombée de la nuit, El Hacen Diarra est sorti du foyer, et est allé s’asseoir quelques dizaines de mètres plus haut, à l’entrée d’une petite ruelle pavée. « Il avait l’habitude d’aller se poser sur les marches là-bas, pour fumer », explique Ladji Sakho, délégué au maire d’arrondissement, responsable du lien avec les foyers de travailleurs migrants. « Il faut savoir qu’il avait un petit problème mental, qui se devinait facilement, et il ne communiquait pas énormément, mais il n’a jamais embêté quiconque », assure-t-il. Il a lui-même habité la résidence en même temps qu’El Hacen Diarra.
L’interpellation filmée par un riverain
Entre 22 heures et 23 heures, selon le Parquet de Paris, des policiers de la brigade territoriale de contact du 20ᵉ arrondissement ont contrôlé El Hacen Diarra, car ils l’auraient « vu rouler un joint de cannabis ». Sa famille et ses voisins du foyer se montrent étonnés face à cette information, plusieurs d’entre eux indiquant qu’ils le voyaient souvent fumer, mais pas consommer de la drogue – le parquet rapporte qu’au cours de sa fouille, les policiers ont trouvé de la « matière brunâtre s’apparentant à du cannabis ».
« Confrontés au refus de se soumettre aux palpations, les policiers ont procédé à l’interpellation du suspect, qui a chuté au sol, entraînant deux policiers dans sa chute à deux reprises, a précisé le parquet de Paris, un policier a indiqué avoir fait usage du taser, le touchant notamment à la cheville. » Un riverain, intrigué par l’interpellation, s’est posté à sa fenêtre pour filmer la scène.
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