Jusqu’où la perte de confiance dans la politique peut-elle aller ? La descente dans la défiance atteint un niveau proche du point de non-retour. L’heure n’est plus à s’interroger sur des réformes procédurales, scrutin à la proportionnelle ou cumul des mandats, qui viendraient réenchanter le rapport à la politique. Lorsque seuls 22 % des enquêtés français de la 17e vague du baromètre réalisée par OpinionWay pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) disent qu’ils ont confiance dans la politique (45 % en Allemagne, 44 % au Royaume-Uni et 40 % en Italie) et 23 % que la démocratie fonctionne bien dans le pays, c’est un état d’anomie politique qui s’installe. Cet affaissement des fondements de la légitimité démocratique interroge sérieusement notre capacité à nous projeter dans un avenir démocratique partagé et ouvre la voie aux scénarios les plus préoccupants pour 2027.
A ce titre, la théorie selon laquelle on assisterait à une réinvention parlementaire de la Vᵉ République est battue en brèche. En moyenne, 20 % des enquêtés ont confiance dans l’Assemblée nationale, le pourcentage le plus bas enregistré par notre enquête depuis sa création en 2009, une proportion qui ne dépasse pas 29 % chez les cadres et dans les professions supérieures diplômées, pourtant traditionnellement plus favorables aux institutions politiques. C’est encore quatre points de moins par rapport à 2025 et un recul de neuf points par rapport à 2024.
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