- Les points communs ne suffisent pas à assurer la longévité d’une relation.
- La « motivation conjugale » et la capacité à résoudre les conflits jouent un rôle crucial.
- Recalibrer son engagement et communiquer se révèlent indispensables pour maintenir une relation épanouie.
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La rencontre était comme une évidence. Vous avez les mêmes goûts musicaux, les mêmes films préférés, les mêmes valeurs (nouvelle fenêtre) concernant la famille ou la politique. La connexion (nouvelle fenêtre)est là, la compatibilité est maximale. La relation avance ainsi de manière naturelle. Si la compatibilité est une condition initiale, les psychologues s’accordent à dire que ce n’est pas ce fondement qui assure la pérennité d’une relation entre deux partenaires.
Selon une étude publiée cette année dans BMC Psychology
(nouvelle fenêtre) et réalisée auprès de 402 couples engagés dans des relations stables, ce qui permet à un couple de traverser les âges et les conflits, c’est la qualité de la motivation. Pourquoi s’engagent-ils et pourquoi restent-ils dans la relation ? Les chercheurs se sont basés sur la « théorie de l’autodétermination
« . Développée par deux psychologues américains, Edward Deci et Richard Ryan, cette théorie permet de comprendre la motivation (les comportements, leur déclenchement, leur persistance, leur intensité) d’une personne pour satisfaire ses besoins fondamentaux. Les chercheurs ont donc utilisé cette théorie pour étudier « le rôle des motivations conjugales et sexuelles des deux partenaires dans leur lien avec le bien-être individuel et conjugal
« , mais également « si l’implication dans la résolution des conflits jouait un rôle intermédiaire dans les liens entre motivation et bien-être
« .
Ils ont noté que la motivation conjugale des deux partenaires est « positivement corrélée à leur bien-être individuel et conjugal
« . Les chercheurs estiment que « conformément à la théorie de l’autodétermination, la motivation apparaît comme un facteur essentiel à la promotion du bien-être individuel et conjugal, ainsi qu’à l’adoption de stratégies fonctionnelles de résolution des conflits
« .
Deux personnes peuvent être compatibles, mais ce n’est pas suffisant. L’engagement peut être considéré « à vide », lorsque les deux partenaires restent ensemble sans s’investir sur le plan émotionnel ou psychologique. Résultat : la relation ne sera pas satisfaisante. De même, si l’engagement est contraint (parce qu’il y a des enfants ou parce qu’économiquement il est compliqué de partir), la relation en pâtit. Dans les deux cas, certes, il y a compatibilité sur le papier, mais le couple devient une prison dorée et les deux partenaires finissent par en souffrir.
Au-delà des points communs
Dans un article publié dans Psychology Today
(nouvelle fenêtre), le psychologue américain Mark Travers confirme : « Les points communs superficiels peuvent être un atout indéniable. Mais ils ne suffisent pas à garantir la longévité d’une relation. Pour la grande majorité des couples, la durée de leur relation dépend de leur capacité à s’accorder sur les grandes questions fondamentales de la vie
« .
D’où l’importance de porter une attention particulière à d’autres domaines de la vie de couple plutôt qu’à la routine ou à la compatibilité initiale (la vision de l’avenir, les critères rédhibitoires, les priorités financières, la sécurité émotionnelle…) et de prendre le temps de « recalibrer » son engagement en se posant les bonnes questions, en communiquant, en désamorçant les conflits et en acceptant de réparer ses torts. Le psychologue rappelle ainsi que « quelle que soit la compatibilité entre deux personnes, les conflits sont inévitables. La véritable question est de savoir si la relation sait s’en remettre »
.




